"Afin de faire face à un contexte économique difficile et un environnement concurrentiel de plus en plus compétitif, Solvay annonce l’adaptation de ses activités, au niveau mondial, en cohérence avec sa nouvelle stratégie d’entreprise, G.R.O.W". Suite à un conseil européen organisé le 26 février, le chimiste belge – qui avait croqué les activités de son concurrent français Rhodia – annonce une phase de transition qui se poursuivra jusqu’à la fin de l’année 2021.
"Concurrence exacerbée" en Europe
Pour faire face aux difficultés du marché mondial, il va adapter "ses sites de production, notamment en Europe où le marché est en recul et fait l’objet d’une concurrence exacerbée". "Malheureusement, cette réorganisation devrait également entraîner la suppression de 350 postes au niveau mondial, dont 100 en France répartie sur les différents sites et activités du groupe", annonce-t-il dans un communiqué. Solvay compte environ 24 100 salariés dans 64 pays, dont 3 740 en France où il dispose encore de dix usines (les sites de Valence, Chalampé et Saint-Fons Belle-Etoile de l’activité Polyamide sont désormais comptabilisés par l'entreprise en tant qu’activité abandonnée et ont été cédés à BASF et Domo Chemicals le 31 janvier 2020).
Le chimiste dit vouloir limiter au maximum les départs contraints dans l’Hexagone. "Une approche et un dispositif d’accompagnement seront ainsi proposés aux partenaires sociaux afin d’engager des négociations en vue d’un accord permettant de faire émerger des solutions adaptées pour l’ensemble des collaborateurs concernés", précise-t-il.
La division "matériaux avancés" semble épargnée
A l’échelle mondiale, 500 postes seront supprimés au total, notamment dans les hautes directions, tandis qu’en parallèle 150 postes seront créés dans sa division "matériaux avancés" (qui fournit notamment les composites pour l'aéronautique, et a atteint un chiffre d’affaires de 1,14 milliard d’euros en 2019, en baisse organique de 9,3 %) afin de "soutenir la croissance future". Solvay a revu à la hausse son objectif de réduction des coûts à moyen terme, désormais fixé à 350 millions d'euros au moins, contre un objectif précédant compris entre 300 et 350 millions.
Lors de la présentation de ses résultats annuels le 26 février, le chimiste a fait état d’un Ebitda – dont la marge est de 23% - et d’un résultat net en légère diminution en 2019, tandis que son chiffre d'affaires stagnait (-0,1%) à 10,244 milliards d'euros. Il a prévenu qu’en 2020, les incertitudes liées à l'épidémie de coronavirus de même que l'arrêt de la production de l’avion Boeing 737 MAX (auquel il fournit des matériaux composites) et le contexte économique difficile pèseraient sur ses résultats, en prévoyant une chute de son Ebitda sous-jacent comprise entre 0% et -3%.
En France, le groupe avait déjà abandonné en novembre 2019 son projet de construction d’un centre d’innovation et de technologie à Saint-Fons (Rhône). Un choix stratégique de la nouvelle présidente du groupe, Ilham Kadri. Le site de 40 000 m² devait réunir un millier de salariés, dont plus de la moitié en provenance d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Plus de 100 millions d’euros devaient y être investis. Finalement, le site actuel de R & D de Saint-Fons sera conservé et des activités support et business seront transférées dans un immeuble du quartier d’affaires de la Part-Dieu.



