"Ce fut une année extrêmement riche, une année extraordinaire, s’est félicité Henri Poupart-Lafarge, Président-directeur-général d’Alstom mardi 11 mai. Malgré la crise sanitaire qui a impacté le premier semestre, le groupe ferroviaire français a maintenu son activité à un bon niveau et a surtout réalisé l’acquisition de Bombardier Transport dans un temps record.
Il a réalisé un chiffre d’affaires en hausse en incorporant deux mois d’activités de Bombardier à 8,765 milliards d’euros contre 8,2 milliards d’euros pour l’exercice clôturé le 31 mars 2020. Par contre, il est en baisse à 7,660 milliards si on ne prend en compte que le périmètre de l’ex-Alstom.
Si aucune commande n’a été annulée, "certains projets ont été décalés", mais le constructeur français a enregistré d’importantes commandes en Europe (Allemagne, Toulouse,…), mais aussi aux Etats-Unis, notamment à Chicago et en Asie comme à Taïwan.
Plus de 9 milliards d’euros de nouvelles commandes
Et le carnet de commandes n’a jamais été aussi élevé à 42,5 milliards d’euros pour le périmètre Alstom, il a enregistré 8,4 milliards d’euros de commandes sur l’exercice clôturé le 31 mars 2021 contre 9,9 milliards en 2019/20. En ajoutant la contribution de Bombardier, on atteint 9,1 milliards d’euros. Mais surtout le carnet de commandes du nouvel Alstom est de 74,5 milliards d’euros. Par contre, le bénéfice net a chuté de 467 à 307 millions d’euros sur le périmètre Alstom et à 247 millions sur le nouvel ensemble. La marge opérationnelle a reculé de 7,7% à 7,3%, mais elle progresse pour l’ex-Alstom à 8%.
Le prochain exercice permettra de mieux appréhender le succès du nouvel Alstom. En attendant, Henri Poupart-Lafarge se félicite "de l’acquisition de Bombardier qui permet d’être présent dans 70 pays et 300 villes. Il n’existe pas de marché où nous ne sommes pas présents de manière importante. Nous avons 150 000 véhicules en service commercial dans le monde. Nous détenons 9 500 brevets." Alstom emploie aujourd’hui plus de 70 000 salariés dont 17 500 ingénieurs.
Complémentarité des produits
L’intégration semble avancer à un bon rythme. "Les convergences et la complémentarité des produits se confirment et cela avance plus vite que je ne l’imaginais. Sur plusieurs dossiers, nous répondons déjà avec des offres hybrides [proposition avec des solutions provenant d’Alstom et de Bombardier, Ndlr] comme au Mexique et en Inde."
Un exemple de la création de valeur en proposant une offre combinée est le premier projet d’enclenchement digital gagné en Allemagne à Cobourg, pour DB Netz dans le cadre du plan de relance allemand. Il mêle la technologie d’Alstom de signalisation embarquée et celle de Bombardier Transport dans le domaine de solutions en bord de voie. Jusqu’ici, les deux entreprises étaient peu implantées dans la signalisation outre-Rhin.
Mais Alstom souhaite aussi continuer à acquérir certaines technologies, comme il l’a récemment fait dans les systèmes de freinage avec IBRE et Flertex, dans l’hydrogène avec Helion Hydrogen Power, mais aussi en investissant dans Cylus (Israël), spécialiste de la cybersécurité ferroviaire.
Le patron d’Alstom compte sur les plans de relance qui consacrent une part non négligeable au ferroviaire pour accélérer la croissance, et de citer le doublement de la grande vitesse en Europe à l’horizon 2030. Si tous les résultats du groupe sont en ligne avec les attentes, notamment compte tenu de la situation financière de Bombardier Transport, il subsiste un point noir.
Rétablir les marges de l’ex-Bombardier Transport
Alstom a enregistré une provision complémentaire de 632 millions d’euros pour les risques sur les contrats de Bombardier Transport en complément des 451 millions d’euros déjà enregistrés dans le bilan de clôture de Bombardier Transport en décembre 2020. La direction d’Alstom souhaite rétablir la marge de Bombardier Transport "en ligne avec les standards à moyen terme". Henri Poupart-Lafarge reconnait que dans les 24 prochains mois les projets livrés vont être "difficiles".
A côté, la crise sanitaire n’a généré qu’une charge de 68 millions d’euros "liée aux surcoûts du Covid-19 et aux inefficacités résultantes de la mise en œuvre des mesures sanitaires nécessaires sur l’ensemble des sites Alstom", indique un communiqué.



