Après le discours du président de la République, lundi 25 septembre, à la sortie du deuxième Conseil de la planification écologique, il aurait été difficile de présenter un projet de loi Finance (PLF) qui ne donne pas un élan à la lutte contre le dérèglement climatique. C'est chose faite : le gouvernement a annoncé, le 27 septembre, 10 milliards d’euros d’engagements supplémentaires dans son budget 2024.
Cette enveloppe est répartie entre les ministères de la Transition écologique et de la Transition énergétique, dotés de 7 milliards d'euros (soit une hausse de leur budget de 15% par rapport à 2023), tandis que le ministère de l'Agriculture et le plan France 2030 se partageront 3 milliards d'euros supplémentaires.
Christophe Béchu est un ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires heureux. «Pour la première fois depuis 20 ans, 760 emplois nets vont être créés au ministère de la Transition écologique et dans les agences du ministère (Ademe, OFB, IGN, Météo France, Agences de l’eau)», avance-t-il lors d'un point presse. Les augmentations budgétaires sont substantielles : 475 millions d’euros supplémentaires prévus dans le Plan eau sont confirmés et 400 millions d’euros vont être consacrés à la biodiversité. Dans les transports (+1,6 milliard), le budget de l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France) augmente de 800 millions d’euros pour atteindre 4,6 milliards d’euros en 2024.
La hausse de la part consacrée au verdissement du parc de véhicules est de 200 millions d’euros et atteindra 1,5 milliard d'euros. Avec en point de mire la refonte du bonus écologique. Une hausse identique est prévue pour accompagner l’installation de bornes électriques. Le budget pour soutenir la recherche aéronautique du plan France 2030 sera chaque année de 300 millions d’euros. Pour les poids lourds, «nous allons apporter notre soutien à des solutions nouvelles et des expérimentations comme l’autoroute électrique», précise le ministre.

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Après MaPrimeRenov’, MaPrimeAdapt’
La rénovation énergétique des logements va bénéficier d’un coup de pouce non négligeable avec une hausse de 1,6 milliard d’euros pour atteindre un total de 5 milliards. Cela concerne MaPrimeRenov’, ainsi que l’éco-PTZ (prêt à taux zéro, prolongé jusqu’en 2027). Une nouvelle prime, baptisée MaPrimeAdapt’, est mise en place pour adapter les logements à la perte d’autonomie ou au handicap dans les foyers modestes. Il est prévu d’adapter 680 000 logements sur les dix prochaines années. Le budget prévu est d’1,5 milliard d’euros jusqu’à la fin du quinquennat, dont 260 millions en 2024.
Christophe Béchu a d'autre part prévenu qu’il n’était pas question de revenir sur l’interdiction de louer les appartements non rénovés. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas «d’une fin d’interdiction automatique de relouer». Précisant : «Il y a 800 000 logements privés classés G. Une part est concernée au 1er janvier 2025, uniquement ceux qui sont destinés à la location. Un prolongement de bail n’est pas concerné et un propriétaire peut toujours vendre». Au final, les propriétaires de passoires thermiques passeront pour une bonne partie d’entre eux entre les gouttes.
La transition énergétique n’est pas oubliée. Sa ministre, Agnès Pannier-Runacher, a parlé de doubler la production des énergies renouvelables et du biogaz et de quadrupler celle de la géothermie. L’Etat financera les dépenses liées aux parcs d’éolien offshore qui doivent prochainement entrer en service (Courseulles-sur-mer, Dieppe-Le Tréport, Yeu-Noirmoutier). Le PLF prévoit de verser une subvention d’1,5 milliard d’euros au CEA pour la recherche et les projets de réacteurs nucléaires innovants. Le fonds chaleur va passer de 500 à 800 millions d’euros. Des efforts seront réalisés pour accompagner le plan hydrogène (700 millions pour un mécanisme de soutien à la production d’hydrogène). Et pour aider les territoires, la dotation globale de fonctionnement est augmentée de 220 millions d’euros et le Fonds vert créé en 2023 passe de 2 à 2,5 milliards d’euros.
Au final, beaucoup de chiffres, beaucoup de saupoudrage et comme le disait le climatologue Jean Jouzel en commentant pour L'Usine Nouvelle, les annonces d’Emmanuel Macron, lundi 25 septembre, «dans un an, nous n’aurons pas diminué nos émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5%. Or, c’est maintenant et pas en 2027 qu’il faudra réduire nos émissions.»



