Recylex baisse le rideau, mais ne laisse pas ses salariés sur le carreau. Spécialiste européen du recyclage du plomb, du zinc et du polypropylène, l'ex-Metaleurop a réagi favorablement à la décision de justice validant l'offre de reprise de deux de ses usines françaises. « Recylex SA se félicite de la décision du tribunal de commerce de Paris d'arrêter un plan de cession partielle et d'ordonner, en conséquence, la cession judiciaire (...) des activités de recyclage de plomb et polypropylène de ses sites d'Escaudoeuvres (Nord) et de Villefranche-sur-Saône (Rhône) », indique-t-il dans un communiqué publié mardi 6 juillet.
90 000 tonnes de batteries
Ces deux usines et leurs stocks seront rachetés par l'entreprise belge Campine, expert du plomb et des produits chimiques de spécialités, pour une somme avoisinant les quatre millions d'euros. Cette reprise « va permettre le maintien en France d'une activité industrielle de recyclage représentant 90.000 tonnes de batteries par an et impliquant la récupération et le traitement d'environ cinq millions de batteries (d'automobile, de camion, d'engins, de sous-marins...) ainsi que près de 11.000 tonnes de déchets plastiques par an », s'enthousiasme Recylex.
Le groupe précise que cette vente intervient dans le cadre d'un processus de « prépack cession », une mesure qui permet la cession totale ou partielle d'une société avant l’ouverture d’une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire). « La reprise des deux sites de recyclage des batteries au plomb s'accompagnera de la reprise de l'ensemble des emplois associés à ces sites (une soixantaine d'emplois directs) et du transfert à Campine NV de la participation de Recylex S.A. dans la société C2P S.A.S. », qui gère l'activité de recyclage de polypropylène sur le site de Villefranche-sur-Saône.
Une dette trop importante
Incapable de trouver un accord avec ses créanciers pour restructurer sa dette, Recylex avait demandé en avril à être placé en redressement judiciaire. Le groupe est notamment censé rembourser à son actionnaire historique Glencore International un emprunt de 16 millions d'euros souscrit en 2014, et verser 25,7 millions d'euros d'amende à la Commission européenne pour avoir participé à une entente dans le domaine du recyclage des batteries automobiles. Son endettement financier global atteint au total 68,4 millions d'euros, un montant toutefois inférieur à son chiffre d'affaires de 2021 (87,9 millions d'euros).
« Suite à l'arrêté de ce plan de cession partielle, l'activité de Recylex S.A. sera réduite à une activité de holding consistant en la gestion des lourds passifs financiers et environnementaux ainsi que de la participation de 50% dans la société Recytech S.A. (un centre de recyclage situé à Fouquières-lès-Lens (Pas-de-Calais), ndlr), laquelle fait l'objet de plusieurs nantissements », ajoute le groupe. La société sera maintenue en redressement judiciaire « afin d'étudier une solution judiciaire de restructuration de sa dette, qui demeure néanmoins très incertaine ». Elle ne prévoit ainsi pas de retourner en Bourse de sitôt, après la suspension en mai 2020 de la cotation de son action. C'est également à cette période que les filiales allemandes de Recylex avaient, déjà, étaient placées en redressement judiciaire.



