Centré sur des investissements en healthtech et medtech, ce fonds est présenté comme l’un des plus importants en Europe. Avec 100 millions d’euros déjà levés et une ambition d’atteindre 150 millions d’euros, Lauxera Growth I est la rampe de lancement de Lauxera Capital Partners.
Créée en 2020, cette société française de gestion basée à Paris et avec des connexions européennes et américaines, vise à soutenir les sociétés de technologies médicales et de santé digitale européennes en stade de commercialisation pour leur expansion sur les marchés internationaux. Et en premier lieu sur le plus important au monde : le marché américain.
Manque de champions européens
Lauxera assure qu’en termes de santé digitale et de technologies médicales, la France et l’Europe manquent de champions. Or, "par million d’habitant, il y a trois fois plus d’innovation dans les technologies médicales en France qu’aux Etats-Unis par exemple", estime Pierre Moustial. Le président et co-fondateur de Lauxera, ancien directeur général d’Urgo, considère cette situation d’autant plus paradoxale que "depuis dix ans, il y a eu neuf fois plus d’investissements au stade de la commercialisation aux Etats-Unis dans ce domaine".
Manque de financement
Le problème ne se situerait pas au niveau de l’innovation mais "de la taille d’entreprises, avec 95% des sociétés françaises dans ce domaine étant des TPE, et générant moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires par an", poursuit Pierre Moustial. Cette situation découlerait selon lui d’un manque de financement disponible pour ces deux secteurs, empêchant un développement suffisant sur les marchés internationaux. Et aboutissant trop souvent, "dès qu’un dirigeant se lasse", à la fuite de "très belles technologies rachetées à moindre prix par des Américains ou des Asiatiques", selon Pierre Moustial.
Ce faible dimensionnement est doublement lié à la taille des marchés nationaux et au manque d’investisseurs spécialisés. Lequel a conduit les entreprises à recourir au marché boursier, parfois trop vite. Pour lancer pleinement leur développement à l’international, "depuis dix ans, de trop nombreuses medtech françaises se sont introduites sur Euronext trop tôt", juge Pierre Moustial. Sans suffisamment de résultats opérationnels, ou pas assez rapidement, ces parcours boursiers ont le plus souvent été un échec, la "bourse n'aimant pas les incertitudes".
Tickets de 10 à 20 millions d’euros
Le fonds Lauxera Growth I a séduit des investisseurs français, comme Covea, Tethys, Financière Dassault, BpiFrance ou la Caisse des Dépôts, mais aussi internationaux, comme l’américain Candriam. Lauxera prévoit d’engager des prises de participations de 10 à 20 millions d’euros dans le capital d’entreprises françaises et européennes de medtech et de healthtech pour les épauler financièrement et les accompagner dans cette phase de lancement à l’international.
Un premier engagement devrait être finalisé ces prochains jours pour une société germano-américaine spécialisée dans les logiciels pour le monitoring de salles d’opération à l’hôpital. Lauxera s’intéresse à des entreprises évoluant dans tous ces domaines de healthtech et de medtech, comme la robotique chirurgicale ou l’imagerie médicale, des secteurs où la France brille notamment, la conception d’organes artificiels en 3D, le big data ou encore les objets connectés, entre autres.



