Fondé en 2009, Surgivisio se renomme Ecential Robotics. Implantée à Gières (Isère), dans la périphérie immédiate de Grenoble, cette entreprise d’environ 100 salariés est spécialisée dans la robotique chirurgicale. Sur place, sont conçues et produites des plates-formes intégrées associant des systèmes d’imagerie 2D et 3D ainsi qu’un système de navigation chirurgicale en temps réel. Un concept présenté comme une intégration unique sur le marché mondial.
S’appuyant sur un financement de 100 millions d’euros, Ecential Robotics se concentre sur la chirurgie de la colonne vertébrale mais cherche à étendre les domaines d’applications ainsi que ses marchés internationaux.
Chirurgie minimalement invasive
Stéphane Lavallée, fondateur et PDG, précise que le changement de patronyme vise à "mieux faire passer le message que la société fait de la robotique chirurgicale". Tout en utilisant un jeu de mot sur le C de Ecential, faisant référence au "C-arm", l’arceau mobile à rayons X en forme de C qui permet de pivoter tout autour de la table d’opération, et donc du patient, pour l’acquisition des images et pour permettre la navigation chirurgicale. Ce qui permet de guider au plus près les gestes chirurgicaux dans une optique de "chirurgie minimalement invasive, avec une précision sub-millimétrique", précise Stéphane Lavallée.
Cette plate-forme est présentée comme la seule au monde à associer l’imagerie 2D et 3D à un système de navigation en temps réel, au lieu de les segmenter. Avec quelques innovations comme d’être la seule plateforme "au monde capable de réaliser une acquisition initiale d’images sans devoir arrêter la respiration du patient", relève Stéphane Lavallée, là où pour ce type de système d’imagerie, comme les scanners, la respiration des patients doit être stoppée de 30 secondes à 1 minute environ, pour l’acquisition d’images, avant de pouvoir mener exploration et navigation sous un rythme respiratoire normal.
Digitalisation de la chirurgie
Actuellement, Ecential Robotics se concentre sur le développement de logiciels pour proposer des applications à utiliser avec cette plate-forme, au-delà de la chirurgie de la colonne vertébrale, en visant "toutes les indications de la chirurgie osseuse, qui se comptent par centaine", précise Stéphane Lavallée. Le dirigeant évoque un véritable "essor de la chirurgie robotisée, à travers toutes les disciplines. Aujourd’hui on digitalise la chirurgie, comme l’ont été de nombreux métiers, c’est un phénomène mondial et inéluctable. Il n’y a pas de raison que la chirurgie reste artisanale".
La société se trouve aujourd’hui dans une période charnière. Le développement de la plate-forme et son industrialisation ont nécessité une dizaine d’années d’efforts et de financements. Entre 2015 et aujourd’hui, la surface productive a été portée de 150 m2 à 1 100 m2, soit autant que les bureaux désormais, avec deux unités de production : l’une pour la plate-forme, qui nécessite l’assemblage de plus de 1 000 composants, et la seconde pour la fabrication des instruments associés.
Financement de 100 millions d'euros
Ecential Robotics a sécurisé un financement de 100 millions d’euros, un montant colossal dans le monde des technologies médicales, pour accélérer son développement. Ce financement est multiformes, englobant des prises de participation, des prêts bancaires et européens, et des apports de la part de Bpifrance ou des actionnaires historiques, comme Stéphane Lavallée. En parallèle les effectifs grimpent, avec un doublement du nombre de collaborateurs entre 2019 et 2020, à environ 100 salariés, et la société prévoit de recruter 50 personnes cette année, en particulier des ingénieurs.
Aujourd’hui, huit plates-formes chirurgicales sont installées en France, en Allemagne et en Italie. Ecential Robotics vient d’ouvrir des filiales en Italie et aux Etats-Unis. L’entreprise, qui dispose du marquage CE mais pas encore de l’homologation américaine par la FDA, prévoit de s’implanter doucement, afin d’être bien préparée, sur le marché américain. Stéphane Lavallée dresse une ambition de "produire entre 100 et 200 plates-formes par an d’ici quelques années". Après une année 2020 "désastreuse pour le monde des technologies médicales à cause du Covid", selon le PDG, l’entreprise compte renouer avec sa dynamique de croissance d’avant pandémie.
Entre 2017 et 2019, son chiffre d’affaires annuel avait régulièrement doublé de 500 000 euros à 1 million puis 2 millions d’euros environ.



