Dans un rare effort de transparence, le numéro 1 français du lait Lactalis fait le bilan de sa campagne laitière 2020. Le propriétaire des marques Président et Lactel affirme avoir payé un prix stable aux producteurs, ce que contestent ces derniers. Tout dépend de quel lait on parle...
Le bio tire les ventes de Lactalis
Sur les 12 mois de l’année 2020, le groupe a collecté 5,2 milliards de litres de lait. Bien qu’en légère baisse, ce volume a été boosté par le segment bio, qui affiche une croissance à deux chiffres (13%). Longtemps accusé de tirer à la baisse les prix payés aux producteurs, le groupe basé à Laval se félicite d’avoir assuré, en 2020, un niveau de prix équivalent à 2019, à 369 euros les 1000 litres. Ce, "malgré les difficultés liées à la pandémie". Ce tarif mêle l’ensemble des laits collectés par le groupe : biologique, conventionnel, AOP etc.
"Lactalis parle tous laits de vache confondus. Pour le seul lait conventionnel, il n’a pas donné plus de 350 à 360 euros" tempère l’observatoire L’éleveur laitier. L’Association des producteurs de lait Lactalis de Bretagne et des Pays de la Loire (APLBL), interrogée par Ouest France, évoque, quant à elle, un prix en baisse de 1,4 %, à 326,06 euros. L’éleveur laitier évalue à 5 euros la baisse du prix des 1000 litres proposé par le géant mayennais à ses éleveurs en 2020.
Lactalis affirme avoir intégré les coûts de production des éleveurs dans le calcul de ses tarifs, comme le prévoit la loi Egalim. Dans son communiqué, le groupe revendique être "l’une des seules entreprises laitières françaises à avoir intégré les coûts de production des producteurs dans la formule de prix du lait pour la partie destinée au marché français". L'APLBL confirme la co-construction du prix avec l'industriel.
Un tarif supérieur à la concurrence... Mais laquelle?
Le groupe déclare également payer un prix du lait supérieur "à celui payé par les grandes laiteries coopératives dont le mix produit est similaire". Si le prix offert est certes légèrement supérieur à celui de Terrena ou Agrial, il reste toutefois largement inférieur à ceux proposés par Isigny Sainte-Mère, la laiterie Saint Denis de l’Hôtel ou encore Triballat Rians. Ces trois dernières sont classées par l’observatoire L’éleveur laitier comme les entreprises offrant la rémunération du lait conventionnel la plus élevée, avec des prix respectifs de 399 euros, 393,19 euros et 392,81 euros les 1000 litres. Ces tarifs restent toutefois largement inférieurs au coût de revient préconisé par le CNIEL, de 403 euros les 1000 litres.



