La vente de ses actifs canadiens bouclée, TotalEnergies acte sa sortie des sables bitumineux

TotalEnergies a annoncé le 20 novembre sa sortie des sables bitumineux après avoir finalisé la vente de ses derniers actifs au canadien Suncor. L'annonce intervient quelques semaines après le bouclage d’une première cession auprès de ConocoPhilips, le 4 octobre. L’opération lui rapporte un peu plus de 4 milliards de dollars et acte sa sortie d’un mode de production du pétrole cher et polluant.

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Sables bitumineux - 03 - Camion
La production de pétrole à partir de sables bitumineux est à la fois la plus chère et la plus polluante.

TotalEnergies est débarrassé de ses sables bitumineux. Dans un communiqué publié le 20 novembre, la multinationale annonce avoir «finalisé aujourd’hui la cession à Suncor de l’intégralité des titres de TotalEnergies EP Canada, comprenant notamment sa participation dans l’actif de sables bitumineux de Fort Hills et des obligations logistiques associées». Le 4 octobre, le pétrolier annonçait avoir bouclé «la cession à ConocoPhillips d’une participation de 50% dans l’actif de sables bitumineux de Surmont, ainsi que de certaines obligations logistiques associées». Les opérations – toutes deux «effectives au 1er avril 2023» – actent la sortie de TotalEnergies des sables bitumineux, le pétrole le plus cher et le plus polluant.

L’opération rapporte un peu plus de 4 milliards de dollars américains (environ 3,7 milliards d’euros) au groupe – 1,3 milliard de dollars de Suncor, 2,75 de ConocoPhilips – qui attend encore jusqu’à 330 millions de dollars du second. Ces recettes, «comme précédemment annoncé, seront partagés avec nos actionnaires à hauteur de 1,5 milliard sous forme de rachats d’actions en 2023», affirme Jean-Pierre Sbraire, le directeur financier, dans le communiqué.

Le pétrole le plus cher et le plus polluant à produire

«TotalEnergies acte sa sortie des sables bitumineux au Canada afin de privilégier l’allocation de capital sur des actifs Oil & Gas à point mort [prix du baril, ndlr.] bas», explique-t-il aussi. Alors que l’entreprise se concentre sur du pétrole dont le coût de production est inférieur à 20 dollars le baril, le coût estimé du pétrole issu de sables bitumineux dépasse les 80 dollars. Ce qui en fait, de loin, le plus cher.

L’opération était attendue. TotalEnergies avait annoncé sa volonté de sortir les sables bitumineux de son périmètre dès septembre 2022, privilégiant alors l’option d’une entrée en bourse séparée. Il pointait «un actif avec un potentiel de croissance incompatible avec [sa] stratégie bas carbone». Et pour cause : cher, le pétrole issu des sables bitumineux est aussi le plus polluant. Les émissions de CO2 engendrées par la production d’un tel baril sont 3 à 10 fois supérieures à celles d’un baril de pétrole conventionnel. La seule production de pétrole à partir de sable bitumineux dépasse fréquemment les 100 kilos par barils, là où TotalEnergies affichait en avril une moyenne mondiale de... 19 kg !

Avec cette vente, le géant est l'un des derniers majors pétroliers européens à vendre ses sables bitumineux. Le britannique BP avait annoncé une cession similaire début 2022, à la suite de Shell et d'Equinor les années précédentes. D’autres, comme Chevron, ont fortement réduit leur exposition. Des ventes en lien avec la stratégie climat des majors occidentales, qui cherchent à verdir leur image en bourse.

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