Fini les casse-têtes devant son écran pour choisir un billet de train sans avoir l’impression d’avoir payé trop cher. Lors d’une rencontre, le 15 janvier, avec les membres de l’Association des journalistes des transports et des mobilités (AJTM), Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, a annoncé que la nouvelle grille tarifaire, "plus simple, plus accessible, plus attractive", serait mise en place avant l’été. Le chantier tarifaire est appelé Easy TGV… Et il rappelle que le prix des billets de train longue distance baisse depuis cinq ans. Sans doute l'effet Ouigo.
La SNCF va également résoudre l’autre tracas de ses clients : choisir entre les différentes applis. D’ici la fin de l’année, il n’y en aura plus qu’une.
-42 % de voyageurs en 2020
Après ces bonnes nouvelles, Christophe Fanichet est revenu sur la dure réalité de l’entreprise face à la crise sanitaire. "En 2020, le nombre de voyageurs a baissé de 42 % par rapport à 2019, alors qu’il était continuellement en hausse depuis cinq ans, avec une progression de 2 à 3 % par an." Cette baisse est homogène, sauf sur les Ouigo, où elle n’est que de 20 %.
A fin octobre, SNCF Voyageurs a perdu 5 milliards d’euros de revenus, sur un chiffre d’affaires annuel qui atteignait 17 milliards (35,1 milliards d'euros pour le Groupe SNCF). "15 000 trains circulent chaque jour habituellement, et ils n’étaient que 3500 au plus fort de la crise. Sur certaines lignes, on avait 1% de voyageurs par rapport à la fréquentation en temps normal."
Depuis début janvier, 75 % des TGV circulent, mais avec un taux d’occupation de 45 %. "En dessous de 50%, le TGV circule en faisant de la dette", rappelle le patron de SNCF Voyageurs. Pour les trains en Île-de-France, la fréquentation est de 50% et pour les TER de 60%. Et l’incertitude pour les vacances de février engendre une chute des réservations de 70 % pour février et de 80 % pour mars.
Reconquête à partir de l’été 2021
Pour les mois à venir, il continuera à s’adapter à la situation. "Ma seule boussole est l’été 2021 pour reconquérir les clients". Heureusement, Christophe Fanichet a eu quelques motifs de satisfaction en 2020. "Nous avons enregistré l’été dernier un retour des voyageurs. 85 % des Français qui avaient pris le train en 2019 sont revenus. Ils ont été rassurés. Toutes les études épidémiologiques ont montré que le train est sûr. […] Lorsque je regarde qui revient dans les trains, ce sont les jeunes. Il y a un changement de comportements." Plus récemment, à Noël, la fréquentation était de 70 % par rapport à celle de la même période en 2019.
Situation catastrophique pour Eurostar
En revanche, les déplacements professionnels ont baissé de 70 à 80%. Or, ils représentent 40% du chiffre d’affaires de la S.A. "Cette clientèle est difficile à reconquérir avec les nouveaux modes de travail."
Aujourd’hui, la préoccupation majeure concerne Eurostar, avec un seul aller - retour par jour. Le trafic a baissé de 85 %. Si la situation perdure, il faudra trouver des solutions pour cette société, détenue à 55 % par la SNCF (aux côtés de la Caisse de dépôt et placement du Québec et du fonds Hermès Infrastructure), qui est sous perfusion. Une recapitalisation n’est pas à exclure.



