Il n’y a pas de petit profit. Telle pourrait être la devise de la start-up Entent, créée à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) en janvier 2018 par deux jeunes ingénieurs de Polytech Marseille, Mathias Fonlupt et Stéfan Ré, pour valoriser les déchets thermiques de l’industrie.
Mathias Fonlupt a breveté une technologie fondée sur le principe ORC (Organic Rankine cycle, cycle organique de Rankine), qui transforme en électricité des chaleurs fatales à très basse température, comprises entre 60 et 100°C. Les procédés existant requièrent au moins 150°C. Un petit moteur sans pompe utilisera la différence de pression générée par un fluide en changeant de température pour transformer la chaleur fatale industrielle en énergie mécanique et produire de l’électricité.
Un prototype bientôt finalisé
La commercialisation du procédé est encore loin. La start-up n’en est qu’au stade de la construction du prototype, en partenariat avec le laboratoire de thermodynamique de l’université de Liège. Elle doit être finalisée à la fin de 2020. "La technologie pourra accroître de 5% la production électrique d’une installation sans augmenter la quantité de matières premières, assure Stéfan Ré. Elle sera commercialisable en 2023." Le premier marché visé est celui de la production d’électricité, notamment à partir de biomasse, de biogaz ou de déchets ménagers.
Le moteur OCR d’Entent pourrait aussi assurer l’autoconsommation dans un process industriel. "Le retour sur investissement sera de moins de dix ans", promet l’entrepreneur. Engie et Air liquide sont déjà en discussion pour soutenir la start-up lauréate du concours i-Lab 2020 et labellisée par Cap Énergie. Soutenu financièrement par Bpifrance, Entent envisage une première levée de fonds d’ici au début 2021 afin d’embaucher un expert en simulation numérique et un ingénieur mécanicien expérimenté.
L’innovation
En supprimant la pompe présente dans les moteurs ORC classiques, très énergivore et pénalisante en termes de rendement global, Entent compte produire de l’électricité à partir de chaleurs fatales entre 60 et 100°C, non exploitées jusque-là.



