A peine ouverte… déjà refermée. Alors qu’elle avait repris sa production – interrompue depuis la mi-mars en raison du Covid-19 - depuis le 28 avril avec une partie de ses effectifs, l’usine du constructeur automobile français Renault située à Sandouville, près du Havre (Seine-Maritime) va être à nouveau mise à l’arrêt.
Suite à une ordonnance en référé du tribunal judiciaire du Havre, saisi par la CGT de l’usine, le site sera contraint d’arrêter la production à partir de lundi 11 mai, jour où tous les salariés de l’usine devaient enfin revenir sur les lieux, avant d’être suivis par les intérimaires pour reprendre une activité à cadence pleine.
La CGT avait saisi le tribunal, estimant que la mise en place des mesures sanitaires pour la reprise n’avaient pas été prise en concertation avec ce syndicat, et les jugeant insuffisantes pour protéger les salariés face au Covid-19. Un nouveau Comité central d’entreprise devra donc être convoqué à nouveau, repoussant probablement d’au moins une semaine la réouverture du site.

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Quel statut pour les salariés ?
"100% des salariés devaient reprendre le travail lundi, ils resteront chez eux, comme les 700 intérimaires qui étaient attendus", réagit auprès de L'Usine Nouvelle, amer, le délégué syndical central de la CFDT Renault, Franck Daout. Selon lui, le temps de convoquer de nouvelles réunions des représentants du personnel, par lettre recommandée cette fois, et de les tenir, les salariés pourraient rester sans emploi toute la semaine prochaine.
"Sous quel statut ?" s’inquiète-t-il, notant que ces journées ne rentreront pas dans le cadre de l’accord signé il y a quelques semaines et ne pourront donc pas être payées à 100%. "Ce sera un gros problème social." En plus, "quand on reprendra le boulot, il faudra rattraper le retard, donc peut-être travailler plusieurs samedis d’affilée", s’inquiète-t-il. "Ce sera très compliqué pour les salariés", alors que, selon lui, "l’usine de Sandouville, c’est une de celles qui ont le plus travaillé sur les mesures barrières…".
D'autres sites menacés de fermeture provisoire ?
Les salariés mis à l’arrêt pourront-ils bénéficier du chômage partiel ? Rien n’est moins sûr. Car dans le cas d’Amazon, dont les sites français ont également été fermés suite à une décision de justice, l'administration du Travail avait refusé au groupe américain le chômage partiel qu'il réclamait pour ses salariés, parce que l'arrêt de l'activité était la conséquence d'une décision de justice - l’entreprise étant accusée de n’avoir pas pris les mesures de précaution suffisantes -, et non d'une baisse de l'activité.
Le combat mené par la CGT ne semble pas fini, et d'autres actions pourraient suivre. Chez Renault, trois usines françaises de production de composants - Cléon (Seine-Maritime), qui produit des moteurs thermiques et des machines électriques, celle du Mans (Sarthe) et le site de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) - sont déjà reparties, tandis que côté assemblage, Flins (Yvelines) avait été le premier site automobile français du groupe à rouvrir ses portes, suivi de Sandouville.
Gaëlle Fleitour et Cécile Maillard



