La France a son plan de recherche exploratoire sur la spintronique. Baptisé Spin, il a été lancé officiellement le 29 janvier dans les locaux de Minatec à Grenoble, en Isère. Copiloté par le CEA et le CNRS, il bénéficie d’un budget 38,13 millions d’euros sur huit ans dans le cadre du plan France 2030.
«Certes, le budget peut paraitre modeste en comparaison des investissements d’autres grands pays comme les Etats-Unis, le Japon ou la Chine, confie à L’Usine Nouvelle Bernard Dieny, directeur scientifique de Spintec, un laboratoire commun du CEA, du CNRS et de l’université Grenoble Alpes sur la spintronique. Mais c’est un soutien intéressant à la recherche sur le sujet de nature à impulser une nouvelle dynamique. Jusqu’ici, la recherche sur la spintronique était peu financée. Ce budget pourra être complété par des financements européens.»
Un centre d'excellence mondiale
Mariage intime de l’électronique et du magnétisme, la spintronique exploite les propriétés quantiques de l’électron pour booster les performances de composants existants, comme les capteurs magnétiques, ou pour en créer de nouveaux, par exemple la mémoire magnétique Mram, plus performants que leurs équivalents traditionnels utilisant seulement la charge électrique de l’électron. Elle est vue comme une voie prometteuse pour la réalisation des composants électroniques à basse consommation de demain, jouant ainsi un rôle clé dans la transition écologique et énergétique de la société.
Selon Bernard Dieny, la France fait figure de l’un des trois centres mondiaux d’excellence en recherche dans ce domaine – aux côtés des Etats-Unis et du Japon – avec une vingtaine de laboratoires, quelque 400 chercheurs et sept start-up. «Le plan Spin va bénéficier à cet écosystème de recherche, explique-t-il. Son montage a permis de souder la communauté scientifique qui travaille sur le sujet.»

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Une réalité commerciale
La spintronique est déjà une réalité industrielle et commerciale dans trois produits : les têtes de lecture de disques durs, les capteurs magnétiques et les mémoires magnétiques (Mram). Le plan Spin vise à explorer son application à d’autres produits comme les composants d’IA, les composants radiofréquences pour les télécoms, les composants Terahertz, les composants non sensibles aux perturbations magnétiques, etc. «Nos travaux s’inscrivent dans la recherche à degré de maturité technologique [ou TRL, ndlr.] de 1 à 4, précise Bernard Dieny. Le but est également d’identifier parmi toutes les nouvelles applications potentielles celles qui mériteraient d’entrer en recherche d’accélération à degré de maturité technologique de 5 à 7.»
Selon une étude de Mordor Intelligence, le marché de la spintronique devrait passer de 1,5 milliard de dollars en 2024 à plus de 7 milliards de dollars en 2029.



