L'Etat lance un plan cloud de 1,8 milliard d’euros pour faire émerger des champions français

Pour favoriser l’émergence de champions français du cloud, le gouvernement lance un plan de développement de 1,8 milliard d’euros en quatre ans, dont plus de 1,1 milliard de financements public et européen. Le plan inclut le soutien à la recherche de rupture, aux usages du cloud et à la formation.

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Le gouvernement lance un plan de développement de 1,8 milliard d’euros en quatre ans.

C’est le deuxième acte du gouvernement dans le cloud. Après la présentation en mai de la nouvelle stratégie nationale sur le sujet, Cédric O, secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique, a présenté mardi 2 novembre le volet visant à soutenir l’émergence d’offres françaises compétitives face à celles des géants américains, qui dominent aujourd’hui le marché. Une annonce faite dans les locaux d’OVHcloud à Paris, le champion français qui incarne l’espoir d’un cloud européen souverain et indépendant.

Le plan se monte à 1,8 milliard d’euros en quatre ans : 667 millions d’euros de financement public dans le cadre du programme d’investissement d’avenir et de France Relance, 444 millions d’euros de financement européen et 680 millions d’euros de cofinancements privés. Il s’articule autour de quatre axes : développement d’offres innovantes de coud et d'edge computing (921 millions d’euros), soutien des recherches de rupture (150 millions d’euros) et soutien des usages via des espaces mutualisés sectoriels (660 millions d’euros). Le dernier volet est consacré à la formation et la reconversion des ressources humaines (60 millions d’euros).

Dégradation de la position des acteurs européens

« Cette séquence est importante par son montant, souligne Cédric O. Le sujet n’est pas anodin. Il ne peut pas être déconnecté de l’objectif du gouvernement : faire émerger des champions mondiaux français et européens du numérique. Le cloud occupe une position importante par l’importance de son marché, qui devrait atteindre 500 milliards d'euros en 2025. Il s’inscrit dans les réflexions de l’Etat sur la réindustrialisation du pays. »

Le constat est pour le moins amer. Selon le cabinet Synergy Research, le trio américain Amazon, Microsoft et Google, truste 69% du marché européen du cloud d’infrastructure, ne laissant pour chacun des deux leaders européens OVHcloud et T-Systems que 2% du gâteau. La tendance est à la dégradation de la position des acteurs européens sur leur propre marché. Leur part est tombée de 27% début 2017, à 16% aujourd’hui.

Mais Cedric O se montre optimiste et croit en la capacité des acteurs européens d’inverser la courbe. « Je le dis avec force et conviction : la bataille du cloud n’est pas perdue, affirme-t-il. Sinon l’Etat n’engagerait pas un tel investissement. La bataille n’est toutefois pas simple. Cela prendra du temps pour rattraper un retard accumulé pendant 30 ans. La souveraineté ne se décrète pas par un coup de baguette magique. Mais nous avons des acteurs à fort potentiel comme OVHcloud, Scaleway, Oodrive ou Outscale, et des éditeurs de logiciels actifs dans l’open source comme Linagora. »

23 projets de R&D déjà sélectionnés

Le plan aborde la phase opérationnelle avec la sélection de 23 projets de R&D, représentants 921 millions d’euros, dont 421 millions de financements publics dirigés à 85% vers des PME, start-up, et instituts de recherche, des projets en open source et de relocalisation d’activités industrielles en France.

Ils visent par exemple le développement d’une nouvelle plateforme d'edge computing pour l’Internet des objets industriels, de jumeaux numériques pour la smart city, une solution d’optimisation des ressources énergétiques, une plateforme cloud pour les acteurs de la recherche publique et un nouveau catalogue de solutions de gestion des applications dans le cloud (PaaS pour Paltform as a service) et de logiciels à la demande (SaaS pour Software as a service) reposant sur une infrastructure qualifiée SecNumCloud par l’Anssi, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information, comme celles d’OVHcloud ou d’Outscale.

Label cloud de confiance

D’autres étapes sont prévues prochainement, dont un appel à manifestation d’intérêts sur les outils collaboratifs à la demande, avant la fin 2021, et un appel à projets de R&D de rupture au premier trimestre 2022. L’Etat prévoit également un dispositif d’accompagnement des acteurs émergents à l’obtention du label cloud de confiance. L’enveloppe budgétaire allouée à ces trois mesures sera adaptée en fonction des besoins.

Le directeur général d’OVHcloud, Michel Paulin, a appelé à une clarification des règles du jeu sur le marché européen pour éviter qu’il soit préempté par les géants américains, et demandé à l’Etat de montrer l’exemple en choisissant des solutions de cloud de confiance pour les administrations et collectivités locales. « Toutes solutions protectionnistes sont condamnées à l’échec, répond-il. Il faut mener une politique d’ouverture et de concurrence équitable. Mais la France s’opposera à tout label européen de cloud de confiance ne garantissant pas l’indépendance vis-à-vis des cloud américains. Les appels d'offres dans les marchés publics seront désormais réservés aux acteurs disposant du label cloud de confiance. » Le ministre a appelé les donneurs d’ordre français à jouer le jeu en réservant une partie de leurs marchés à des acteurs français et européens de cloud de confiance.

Bercy plan cloudBercy
Bercy plan cloud Bercy plan cloud (LOUKIL, Ridha)

Détails financement du plan cloud de l'Etat. Source: Bercy

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