L’électronique, très présente dans la région Centre-Val de Loire, influence l’écosystème digital. Le numérique concerne directement 7 700 entreprises, dont 76 % de TPE, qui emploient 27 500 personnes, la plupart dans les métropoles d’Orléans et de Tours. C’est un taux d’emploi inférieur à la moyenne nationale, preuve que des marges de progression existent. Doté d’un récent Beauty Hub, Chartres (Eure-et-Loir) devient le laboratoire de la beauté de demain, sous l’impulsion du pôle de compétitivité Cosmetic Valley.
Winter Mushroom cible la pub en magasin

Fondée à Orléans (Loiret) en 2017 par un ex-ingénieur d’Accenture, Grégoire Audibert, la start-up Winter Mushroom ambitionne de révolutionner la publicité sur le lieu de vente. Ses deux associés et lui ont conçu une borne qui diffuse des annonces ciblées selon le client qui se présente. Une caméra, couplée à un logiciel et au deep learning, établit une classification des visages. La société a connu un coup d’arrêt avec la pandémie, alors qu’elle venait de vendre sa solution. "Le port du masque a d’abord gêné notre système d’identification, ce que nous avons résolu. Et les distributeurs ont gelé leurs investissements", regrette le trentenaire, soutenu par l’incubateur le Lab’O, Bpifrance et le cluster Shop Expert Valley, qui rassemble une trentaine de PME dans le secteur de l’aménagement de magasins.
Cyrès se positionne sur les données de santé
D’abord agence de communication digitale, puis gestionnaire de messageries et de sites web, Cyrès s’est spécialisé dans la cybersécurité et la big data. La PME tourangelle (Indre-et-Loire) d’une quarantaine de salariés prépare une nouvelle étape, la gestion des données de santé. Elle vient de mettre en service à Tours un second datacenter, pour un investissement de 600 000 euros. "En visant la norme Afnor, nous nous positionnons sur l’hébergement des données des établissements médicaux et des professionnels de santé" indique Yohann Berhouc, son directeur général. Présidé par Guillaume Ponsard, Cyrès a une société sœur, CentralPay, gestionnaire de paiements en ligne.
Altyor est la petite main des objets connectés
Le télescope en réalité augmentée du marseillais Unistellar, le détecteur de fuites d’eau intelligent du francilien Cartesiam, les accessoires de Somfy et Leroy Merlin ont été conçus et fabriqués par le sous-traitant électronique Altyor, à Saint-Cyr-en-Val (Loiret). Spécialistes des objets connectés, Altyor et sa start-up interne NodOn en maîtrisent l’industrialisation et les protocoles de communication, avec un penchant pour EnOcean, propriété de la société allemande éponyme. La PME de 240 salariés et 38 millions d’euros de chiffre d’affaires, présidée par Yanis Cottard, fabrique en France les petites séries. Les grandes sont réalisées à Shanghai.
Agilicom invente la réseaugérance
Spécialiste de l’architecture des réseaux IT, Agilicom connecte entre eux des équipements installés au fil du temps, selon des standards. Les usines de Sanofi, de Danone et d’Alstom, les plates-formes colis de La Poste font appel aux solutions de cette PME de 25 salariés, située à Ballan-Miré (Indre-et-Loire). "Avec l’automatisation des process, le réseau est attaquable. Les dirigeants prennent conscience qu’il ne suffit pas d’installer des switchs ou des capteurs. C’est l’épine dorsale de l’usine", résume Jean-Yves Bois, le gérant de l’entreprise. Agilicom, qui planche depuis 2003 sur l’usine communicante et réalise un chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros, définit son activité sous le vocable de "réseaugérance", sur le modèle de l’infogérance pour la gestion des systèmes d’information par les prestataires.
Cotoit allège les AG de copropriété
Issue du pôle intrapreneurial du Crédit agricole Centre-Loire, la start-up Cotoit connaît un succès bondissant à la faveur de la crise sanitaire. En une année d’existence, ce syndic de copropriété situé à Orléans a séduit plus de 130 résidences, soit 850 lots gérés. Elle a notamment pu tenir ses assemblées générales, alors que ses concurrents sont retardés par les mesures sanitaires. "Notre mur d’échanges entre propriétaires a connu un surcroît d’utilisation pendant le confinement", témoigne Luigi Del Moral, le cofondateur de cette start-up de 8 personnes. Cotoit, qui a mobilisé plus de 1 million d’euros d’investissement, a confié la partie technique de sa plate-forme à la SSII Talan. Il espère convaincre les autres caisses régionales et la direction nationale de la banque pour devenir une offre à part entière de Square Habitat, le réseau d’agences immobilières du Crédit agricole.
Une première vague pour le fonds Loire Valley Invest
Le premier semestre a permis de boucler la première promotion du nouveau fonds régional Loire Valley Invest, géré par Go Capital. Quinze entreprises sont soutenues, dont G-Keep, qui sécurise le réservoir de carburant des camions, Civitime, concepteur d’un serious game pour sensibiliser les salariés aux enjeux RSE de leur entreprise, et Biagri, l’éditeur du site web comparateuragricole.com. Sans sous-estimer l’effet de la crise, l’écosystème numérique se maintient. "Avant la pandémie, nous avions budgété une croissance de 2 millions d’euros. En mars, nous avons craint un recul à 35 millions. Depuis, les affaires repartent, même si nous avons peu de visibilité sur la fin d’année", déclare Yanis Cottard, le président d’Altyor.



