La famille Duval "soutient la ligne stratégique défendue par le management" d’Eramet et la cession d’Aubert & Duval

La famille Duval, qui a ouvert un dialogue avec l’Etat sur un éventuel changement de gouvernance chez Eramet, tempère ses critiques sur les choix stratégiques opérés par la PDG du groupe, Christel Bories.

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Contrat de filière mines métallurgie Christel Bories Agnès Pannier-Runacher
Christel Bories, PDG d'Eramet et présidente du CSF Mines et métallurgie (ici avec la ministre Agnès Pannier-Runacher lors de la signature du contrat de filière en 2019), a le soutien de l'Etat actionnaire en cette période de transformation profonde du groupe.

C’est un fait assez rare pour être souligné. La famille Duval est sortie de son silence, le 9 mars, en transmettant à quelques rédactions – dont L’Usine Nouvelle – une réaction suite à la couverture de son désaccord avec l’Etat sur la gouvernance d’Eramet. Le 3 mars, l’Agefi avait publié de larges extraits d’un courrier adressé par le premier actionnaire d’Eramet (36,94 % des parts mais 43,78 % des voix en raison de droits de vote doubles à travers ses holdings Sorame et Ceir) à l’Agence des participations de l’Etat, deuxième actionnaire d’Eramet à travers sa filiale FSI Equation (25,7 % des parts et 30,31 % des voix), auquel il est lié depuis 1999 par un pacte d’actionnaires qui les oblige à s’accorder sur la gouvernance du groupe.

Selon l’Agefi, ce courrier émettait des critiques sur le bilan de la PDG Christel Bories au terme de ses quatre années de mandat, soulignant la multiplication par quatre de la dette nette du groupe (1,3 milliard au 31 décembre 2020) et la division par deux des fonds propres. Sont également évoquées les difficultés de la Société Le Nickel (SLN) en Nouvelle-Calédonie et le dossier Aubert & Duval.

La famille Duval, qui n’a pas l’habitude de transmettre ses griefs par voie de presse, a choisi de revenir à un dialogue plus apaisé. "La famille Duval soutient la ligne stratégique défendue par le management, précise un porte-parole. Il est d’usage à l’issue d’un mandat de quatre ans que les actionnaires conduisent des réflexions de manière sereine sur la gouvernance et ses possibles évolutions, avec pour seul objectif l’intérêt d’Eramet et de l’ensemble des parties prenantes." En l’occurrence, les réflexions n’ont pas démarré avec la sérénité espérée, les Duval n’ayant pas prévu la fuite de ce courrier et l’Etat ayant peu apprécié ce coup de force.

Accord sur la cession d’Aubert & Duval

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"Enfin, contrairement à ce qu’on a pu lire, la famille Duval soutient le management dans les démarches entreprises pour adosser A&D à un industriel, ce qui serait bénéfique pour A&D comme pour Eramet." La décision de mettre en vente la filiale, entreprise historique de la famille Duval, n’aurait de toute façon pas pu se prendre sans qu’ils soient consultés. Et l’avenir d’Aubert & Duval, fournisseur stratégique de l’aéronautique et de la défense, est probablement mieux assuré aux mains d’un consortium ayant des intérêts dans ce secteur qu’à celles d’un groupe qui se recentre sur l’amont minier et la production de métaux de la transition énergétique, sans avoir les moyens de disperser ses investissements.

Le mandat de Christel Bories discuté fin mars

Le mandat de la PDG, Christel Bories, arrive à échéance en mai 2021 au terme de quatre ans à la tête du groupe. Son renouvellement – ou non - doit être discuté entre les actionnaires en amont de l’Assemblée générale prévue le 28 mai. Mais la question ne sera finalement pas abordée lors du conseil d’administration du 11 mars. Le groupe a précisé dans un communiqué le 9 mars que "l’adoption des projets de résolutions, qui seront soumis au vote lors de l’Assemblée Générale d’Eramet le 28 mai 2021, sera examinée par le Conseil d’Administration à l’occasion des réunions prévues les 26 et 30 mars".

Les discussions se poursuivent chez Eramet. Certes, le pacte d'actionnaires qui lie FSI Equation (l'Etat) et Sorame-Ceir (les Duval) n'a que la valeur qu'on lui donne, et les Duval seraient majoritaires à l'AG en cas de désaccord persistant sur la gouvernance d'Eramet. Mais il semble difficile, tant pour Eramet - soutenu à plusieurs reprises par l'Etat au moyen de financements d'urgence - que pour Aubert & Duval, en position difficile depuis ses dérapages sur les contrôles-qualité et plus encore depuis la chute du secteur aéronautique à la suite des mesures sanitaires contre le Covid-19, de s'aliéner un tel partenaire.

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