A un mois de la COP 28 qui se tiendra à Dubaï (Emirats arabes unis), l'Agence internationale de l'énergie (AIE) alerte. D’après elle, la demande en énergies fossiles restera «beaucoup trop élevée» en 2030 pour respecter l’Accord de Paris de 2015, qui prévoit une limitation de la hausse des températures moyennes mondiales à 1,5°C. Et ce, malgré le fait que de plus en plus de technologies propres seront utilisées.
L’organisation internationale, dans son rapport World Energy Outlook 2023 publié mardi 24 octobre, prédit par exemple que le nombre de voitures électriques en circulation dans le monde aura été multiplié par dix en 2030, que la part des énergies renouvelables dans le mix électrique mondial avoisinera les 50% contre 30% actuellement, ou encore que le nombre de pompes à chaleur et autres systèmes de chauffage électrique dépassera celui des chaudières fossiles. D’après elle, les investissements dans les projets éoliens en mer seront trois fois plus importants que ceux dans les nouvelles centrales électriques à gaz ou au charbon à cette même date.
Des politiques plus ambitieuses nécessaires
«Toutes ces augmentations ne sont basées que sur les politiques actuelles des gouvernements», précise-t-elle. «Si les pays tiennent leurs engagements nationaux en matière d'énergie et de climat dans les délais et dans leur intégralité, les progrès seront encore plus rapides», avertit l’AIE, pour qui des politiques d’autant plus ambitieuses sont nécessaires pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C.
L’agence anticipe une augmentation de la température d’environ 2,4°C au cours du siècle si les politiques actuelles ne sont pas renforcées. Au-delà des conséquences désastreuses que cela aurait sur la santé humaine, la ressource en eau ou encore l’agriculture, une telle augmentation pourrait menacer la sécurité du système énergétique «conçu pour un monde plus froid avec moins de phénomènes météorologiques extrêmes».
«Compte tenu des tensions et de la volatilité qui règnent actuellement sur les marchés énergétiques traditionnels, les affirmations selon lesquelles le pétrole et le gaz représentent des choix sûrs pour l'avenir énergétique et climatique de la planète semblent plus faibles que jamais», a assuré Fatih Birol, le directeur exécutif de l'AIE, cité dans le communiqué associé au rapport. Il a encouragé «les gouvernements, les entreprises et les investisseurs» à «soutenir les transitions énergétiques propres plutôt que de les gêner».



