Tout part d'un constat sans appel : «Nous avons des pommes de terre qui sont cultivées en France, transformées aux Pays-Bas et qui reviennent dans les cantines de nos enfants. Ça n'a pas de sens», déplore Laurent Lemarchand, directeur agro-industries de NatUp (1850 salariés, 1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires).
Pour réduire la dépendance à l'import, la coopérative agricole NatUpprojette d'investir entre 35 et 50 millions d'euros sur son site Lunor de Luneray (Seine-Maritime), pour la construction d'une nouvelle unité de production. Cette nouvelle usine permettrait de sortir 20 000 tonnes par an de produits cuisinés à base de pommes de terre, à destination de la restauration collective et professionnelle.
«Ce projet est né dans un contexte post-Covid où il y avait une aspiration collective à relocaliser des projets dépendant de produits d'import», retrace Laurent Lemarchand. Dix millions d'euros supplémentaires pourraient être investis pour l'installation d'une chaudière biomasse et de bassins de stockage des eaux de process.
Natup Raccourcir les circuits de production et de distribution
Le projet s'inscrit dans un contexte de forte concurrence internationale sur le marché des produits transformés à base de pommes de terre. «Notre volonté, c'est d'offrir des débouchés rémunérateurs et pérennes à nos agriculteurs», explique le directeur agro-industries de NatUp. «Aujourd'hui la très grande majorité des pommes de terre cultivées en Normandie est achetée par des grands groupes belges et hollandais pour faire de la frite et des produits plus élaborés», ajoute le dirigeant.
NatUp, née en 2018 de la fusion des deux coopératives Cap Seine et Interface Céréales, compte 7 000 adhérents répartis sur huit départements. Sa filiale industrielle Lunor, basée à Luneray, compte aujourd'hui 203 emplois pour 40 millions d'euros de chiffre d'affaire. Trente-trois nouveaux emplois pourraient être créés si le projet était validé. L'entreprise est en effet dans l'attente des autorisations réglementaires pour lancer ce nouveau chantier. Les travaux commenceraient à la fin de l'été 2024, pour une livraison de la nouvelle unité de production (dans un bâtiment de 10 000 m²) prévue à l'automne 2025. «On veut que les pommes de terre de Normandie puissent terminer dans les assiettes des cantines de nos enfants», conclut Laurent Lemarchand.



