La construction métallique n'en finit plus de grimper

Les entreprises françaises de construction métallique ont enregistré une belle année 2019. La bonne tenue de l’activité industrielle a favorisé les investissements en bâtiments, notamment sous forme d'extensions d'usines.

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Bâtiment en construction métallique
L'industrie représente le premier marché de la construction métallique.

Le tonnage fabriqué par les plus de 800 entreprises françaises de construction métallique a progressé de 4 % en 2019, à 770 000 tonnes. L’activité est en hausse de 3,5 %, à 3,8 milliards d’euros. Il s’agit de la cinquième année de hausse consécutive pour le secteur, qui emploie 20 000 personnes.

A fin janvier 2020, les carnets de commandes des entreprises adhérentes au Syndicat de la construction métallique de France (SCMF) représentent plus de six mois de visibilité – un chiffre qui grimpe à douze mois pour certaines sociétés, assure l’organisation professionnelle.

"Depuis le début du quinquennat, nous assistons à une hausse des investissements", se réjouit Roger Briand, président du SCMF. Le bâtiment industriel a représenté 56,9 % des tonnages en 2019, principalement sous forme d’extensions de sites, notamment des usines. "Lorsque le taux d’utilisation des capacités de production oscille autour de 80 %, les industriels s’intéressent à leurs bâtiments", indique Roger Briand.

Des parkings silos qui progressent…

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Marché plus récent pour la profession, celui des parkings, à 13,6% des tonnages. "Les bâtiments étaient jusqu’alors essentiellement en béton. Avec l’ingénierie sécurité incendie développée par le Centre technique industriel de la construction métallique, nous sommes désormais capables de démontrer que les parkings en acier résistent au feu, malgré le risque carburants", selon le dirigeant. Les capacités de calcul se sont améliorées ces dernières années. Le marché des bâtiments agricoles (11,3% des tonnages) est également orienté à la hausse (+ 5%), majoritairement pour des installations de stabulation.

… et de nouvelles gares à venir

Le marché des bâtiments publics (10,8%) progresse sous l’effet des premiers chantiers du Grand Paris. La profession entend à terme tirer parti de la construction des gares. Les Jeux olympiques de Paris 2024 figurent aussi parmi les grands rendez-vous attendus par les acteurs de la construction métallique.

Les constructeurs devront pour cela embaucher. Leurs effectifs ont crû de 1,09% en 2019, et de 14,2% pour le personnel intérimaire. "Nous constatons toujours des besoins en recrutement importants, qui contraignent les entreprises à multiplier les formations en interne et à investir pour robotiser et automatiser leurs unités de fabrication", insiste Roger Briand.

Les bâtiments bas carbone, une opportunité pour l'acier

La profession entend se positionner davantage sur les appels d’offres "bas carbone", les poutrelles utilisées étant constituées d’acier recyclé à des teneurs comprises entre 93 et 98 % selon les références. "Il y a longtemps que l’on revend nos chutes de fabrication ! L’acier est recyclable à l’infini, tout en conservant ses caractéristiques mécaniques", souligne Roger Briand.

Autre voie d’avenir pour la profession, celle de la construction modulaire de logements, encore marginale dans les carnets de commandes. Les professionnels comptent rappeler la faculté de leurs matériaux à se démonter facilement et encourager la réversibilité des installations.

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