La consommation de poulet poursuit son envol... mais cela ne profite pas aux producteurs français

En 2019, la consommation de poulet affiche une hausse de 3%. Des bons résultats qui ne bénéficient pourtant pas aux producteurs français : les importations de poulet ont augmenté de 2% alors que les exportations vers l'étranger ont reculé de 2%.

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La consommation de viande de volaille continue sa croissance
La consommation de viande de volaille continue sa croissance.

La poussée du flexitarisme bénéficie à la viande de volaille. Après une hausse de 5% en 2018, la consommation de viande de poulet, dinde et canard poursuit son envol et affiche une croissance de 3% en 2019. 

UNE CROISSANCE ABSORBÉE PAR LES IMPORTATIONS

Un boom qui ne bénéficie pourtant pas aux producteurs français.

La production française s'établit à 1,76 million de tonnes en baisse de 1,4%. Les importations de viande de volaille, notamment de Pologne et d'Allemagne, sont, elles, en hausse de 9% sur l'année 2019. "La hausse de la consommation est essentiellement absorbée par les importations", déplore Anne Richard, président d'Anvol, l'Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair. Résultat : la part des importations des volailles consommées en France reste stable à 45%.

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"Cela s'explique par le fait que la hausse de la consommation se fait surtout dans la restauration hors foyer", explique la responsable. En effet, d'après les données Kantar de 2019, la consommation de volaille à domicile reste stable à 40% alors qu'elle augmente dans la restauration hors foyer. "Ce mode de consommation est avant tout à la recherche de prix. Or, les produits français sont plus qualitatifs, mais également plus chers que les volailles d'importation", note Anne Richard. 

Conséquence du Brexit

Le marché français est également victime du Brexit. Selon une note du ministère de l'Agriculture publiée ce 10 mars, "en 2019, les importations de viande de poulet progressent de 2 % sur un an, notamment en provenance de Pologne et d’Allemagne, compensant le repli du Royaume-Uni".

Mais les conséquences pourraient être bien pires selon Anne Richard. "Au total, il y a 640 000 tonnes de viande de volaille européenne qui, jusqu'à présent, sont commercialisées sur le marché anglais. Quelles seront les taxes imposées sur ces volumes ?" , questionne la spécialiste, "il y a un risque de concentration de cette viande sur les autres marchés européens dont la France".

Etiquetage d'origine obligatoire

Pour aider les producteurs français à résister, la filière demande la mise en place d'un étiquetage "volaille française". Le logo, qui existe depuis 2005, est apposé sur plus de 70% des produits vendus dans la grande distribution, mais est quasiment absent des cartes des restaurants. "Nous demandons le même affichage que celui qui est imposé à la viande de bœuf", explique Anne Richard.

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