L’heure est au beau fixe dans les puces électroniques. L’évolution des investissements de production dans le secteur en est un bon baromètre. Après avoir plongé de 7,5 % en 2019 à 59,6 milliards de dollars, ils repartent en hausse de 6 % en 2020 à 63,2 milliards de dollars selon les prévisions de SEMI, le syndicat des équipementiers de production de semi-conducteurs. Et le retour à l’embellie devrait s'accélérer en 2021 avec un bond de 10,8 % à un record de 70 milliards de dollars.
Taiwan et Amérique du Nord en recul
La reprise en 2020 bénéficie aux trois segments du marché: + 5 % à 54,3 milliards de dollars pour les équipements de fabrication de plaquettes de puces, +10 % à 3,2 milliards de dollars pour les équipements d’assemblage et de packaging, et +13 % à 5,7 milliards de dollars pour les équipements de test et contrôle.
Toutes les régions relèvent leur effort à l’exception de deux : Taiwan en recul de 15,2 % à 14,5 milliards de dollars et l’Amérique du Nord en baisse de 12,3 % à 7,1 milliards de dollars. La Chine se distingue par la plus forte progression : +29,1 % à 17,3 milliards de dollars, ce qui en fait, pour la première fois, le plus gros investisseur dans la production de puces en 2020. Un titre dévolu jusqu’ici à la Corée du Sud (grâce à Samsung et SK Hynix) ou Taïwan (grâce à TSMC) selon les années. Et elle devrait le rester en 2021.
TSMC empêché de fournir ses services à Huawei
Ce bouleversement illustre l’effort que Pékin mène pour développer son industrie des puces et réduire sa dépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Parmi ses plus gros investisseurs figurent Tsinghua Unigroup, qui veut devenir une alternative aux coréens Samsung et SK Hynix dans les puces mémoires, et le fondeur SMIC qui cherche à se substituer au taïwanais TSMC empêché par les Etats-Unis de fournir ses services de fabrication à Huawei à partir de 14 septembre 2020.




