La CDMO nantaise Naobios va contribuer au développement et à la fabrication d’un vaccin expérimental à virus inactivé contre le VIH-1, un virus responsable du Sida, mis au point par Sumagen. En effet, elle vient de signer un accord de partenariat avec la biotech coréo-canadienne qui l’engage à développer et optimiser le processus de production du candidat-vaccin pendant un an, avant d’assurer la fabrication cGMP des lots cliniques du produit, lors de ses essais de phase II. Les détails financiers de l’accord n’ont pas été révélés.
Le projet de développement du vaccin de Sumagen, qui utilise le VIH inactivé comme antigène par voies chimique et physique, avait été retardé, en raison de la pandémie de Covid-19. « Le vaccin anti-VIH de Sumagen requiert une technologie très sophistiquée et un haut niveau de biosécurité, il était donc difficile de trouver une entreprise capable de le produire », a déclaré Sangkyun Lee, responsable de la R&D de Sumagen. La biotech a finalement opté pour Naobios, filiale de 40 salariés du sous-traitant français Clean Biologics. Contactée par nos soins, la CDMO précise qu’elle aura « la responsabilité de la totalité des opérations de production », bien que certaines d’entre elles, nécessitant une expertise particulière, se verront sous-traitées, comme l’inactivation du virus par méthode physique.
D’après les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 39 millions de personnes dans le monde vivaient, en 2022, avec le VIH, un virus identifié pour la première fois en 1983 et contre lequel aucun vaccin n’a jamais encore été développé, notamment en raison de ses nombreuses formes génétiquement variables. Pourtant, plusieurs laboratoires ont déjà tenté de développer ce sérum tant attendu, à l’instar de Moderna qui a conçu un vaccin à ARNm contre le VIH, baptisé mRNA-1644 et actuellement en phase I.
En décembre dernier, Naobios, spécialisé dans les vaccins innovants, avait reçu une subvention d’environ 1,7 millions d’euros de la part de la fondation Bill & Melinda Gates. L’entreprise nantaise prévoyait d’utiliser ces fonds pour produire un HVCA (Human Viral Challenge Agent) du variant Omicron du SARS-CoV-2, dans le but d’accélérer le développement de vaccins plus facilement administrables dans les muqueuses.



