Orano Med progresse dans son industrialisation. La biotech française, filiale du groupe Orano et spécialisée dans la médecine nucléaire, a inauguré un nouveau site à Indianapolis (Indiana). « Couplé aux capacités de production en plomb-212 de notre unité de recherche à Plano, au Texas, ce nouveau site industriel permettra de servir les patients nord-américains en radiothérapies ciblées au plomb-212 », s’est félicité Guillaume Dureau, directeur Projets & Innovation R&D et Nucléaire médical du groupe Orano.
Ces radiothérapies ciblées consistent à associer une molécule, capable de viser les cellules cancéreuses, à un élément radioactif, ici le plomb-212 qui va agir localement comme une radiothérapie en irradiant la tumeur. Orano Med fait plus particulièrement appel au plomb-212. Ce composé radioactif émet des rayons alpha (la biotech parle aussi d'alphathérapies). Ces rayons agissent dans un périmètre réduit, limitant l'exposition aux rayonnements des organes sains à proximité.
Un premier produit prometteur
Le plomb présente, par ailleurs, l’avantage d’avoir une durée de demi-vie de 11 heures, facilitant l’administration et, surtout, le suivi des patients avec un temps d’hospitalisation réduit. Le produit le plus avancé d’Orano Med, AlphaMedix, développé avec son partenaire RadioMedix, a décroché une désignation Breaktrough Therapy de la FDA, en février 2024. Il s’agit d’un traitement évalué sur des tumeurs neuroendocrines gastro-entéro-pancréatiques, en essai clinique de phase II/III. De quoi déjà anticiper une possible mise sur le marché et le besoin en capacités supplémentaires, des deux côtés de l’Atlantique. Pour son nouveau site américain, de plus de 2 800 mètres carrés, Orano Med a investi 20 millions de dollars. Mais le pendant de cette installation existera aussi en France, où le laboratoire a injecté 29 M€ et lancé un chantier similaire, à Valenciennes (Nord), dont la production sera destinée au marché européen. La première pierre a été posée, en février dernier.
D’autres usines dans les tuyaux ?
Avec ces installations, et dès 2025, Orano Med ambitionne de pouvoir fabriquer 10 000 doses d’alphathérapies par an. Une première étape car la biotech espère en produire 100 000, à la fin de la décennie. Pour cela, Orano Med n’exclut pas de devoir encore mettre en chantier de nouvelles unités, capables de soutenir un développement de ces alphathérapies dans le monde entier. « Nous sommes convaincus que les radiothérapies internes, vectorisées au plomb-212, deviendront, à court terme, incontournables dans la lutte contre le cancer », projette Julien Dodet, président d’Orano Med.
Au-delà de ces produits en partenariat, avec RadioMedix ou encore avec le laboratoire suisse Roche, Orano Med travaille sur des traitements développés en propre, notamment sur le cancer du rein et le cancer de la prostate.



