La biotech basée à Roscoff (Finistère), SeaBeLife, a annoncé avoir décroché la désignation de médicament orphelin de l’EMA pour son traitement de l’insuffisance hépatique aiguë. « Une reconnaissance importante de la solidité de nos recherches précliniques », s’est félicitée Morgane Rousselot, p-dg et co-fondatrice de SeaBeLife.
Cette désignation vise à inciter le développement de molécules sur des maladies rares. Avec ce statut, le produit de SeaBeLife, SBL01, pourra bénéficier d’une aide dans son développement sous la forme d’assistance à l’élaboration de protocoles cliniques mais aussi d’une exclusivité commerciale étendue pendant dix ans, en cas d’approbation.
Le chemin reste long pour la biotech qui pourra s’appuyer sur des données qui, sur modèle animal, ont montré « une réduction de l’hépatotoxicité et une amélioration de la survie lorsque SBL01 est utilisé en association avec le produit actuellement sur le marché », a précisé l’EMA pour justifier la désignation.
Une biotech spécialisée sur la mort cellulaire
La petite molécule de SeaBeLife, administrée par perfusion, est positionnée en traitement d’une maladie caractérisée par un arrêt soudain du fonctionnement du foie chez des patients sans antécédent et souvent jeunes. Faute de transplantation, la maladie, qui touche environ 3 personnes sur 10 000 par an en Europe, est souvent mortelle.
Pour mieux adresser cette pathologie, SBL01 inhibe deux mécanismes de morts cellulaires : la nécroptose et la ferroptose, impliquées dans la progression de l’insuffisance hépatique. Renforcée par cette désignation, SeaBeLife espère désormais pouvoir avancer vers la clinique, à l'horizon fin 2025/début 2026. Tout en travaillant à son financement, avec une levée programmée au début de l'année prochaine. « Nous préparons activement une levée de fonds de série A auprès de fonds de capital-risque, de fonds institutionnels et de family offices », précise sa dirigeante.
Fondée en 2019, la biotech s’appuie sur des travaux de la station biologique du CNRS de Roscoff, et plus particulièrement sur le criblage de molécules issues du milieu marin. Au-delà des maladies hépatiques, la biotech souhaite élargir ses cibles à l’insuffisance rénale aiguë, aux maladies neurodégénératives ou encore à la DMLA. Au printemps dernier, elle avait ainsi reçu un financement de 1,5 M€, dans le cadre du concours i-Nov, pour son projet de développement dans l’atrophie géographique, une forme sévère de DMLA.



