L'entreprise Abipa Canada et le français ARM viennent de lier leurs destins dans l’usinage et l’assemblage de sous-ensembles pour l'aéronautique. L'opération est pilotée par deux fonds d'investissement français, Ace Capital (Tikehau) et Irdi, et par deux fonds institutionnels canadiens : le Fonds des travailleurs du Québec (FTQ), qui devient le principal actionnaire, et par Exportation et développement Canada (EDC). Les deux dirigeants, le Canadien Jean Blondin et le Français Ludovic Couillaud, conservent des parts et les rênes de l'entreprise.
Ce rapprochement permet à cet équipementier de renforcer ses fonds propres à hauteur de 16 millions de dollars canadiens, soit près de 10 millions d'euros, "qui ne serviront pas à rembourser les dettes, mais à investir", précise Jean Blondin, président du nouvel ensemble dénommé Abipa International. Aucun projet précis n'est dévoilé. Abipa compte se renforcer dans le renforcement de ses compétences, dans l'usine 4.0. La direction n'exclut pas des opérations de croissance externe.
Défense et ferroviaire
Cette solidité financière "permet à l'entreprise d'envisager des développements à l'international, à la conquête de nouveaux marchés", résume Ludovic Couillaud, qui devient vice-président pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient.
L'ex-ARM est un fournisseur de plusieurs équipementiers, dont Safran, Socata et Stelia, et livre en direct les constructeurs Daher et Dassault. Il travaille aussi pour Nexter et Thales dans la défense et Faiveley (Wabtec) dans le ferroviaire. Abipa fabrique des pièces et des sous-ensembles pour le motoriste Pratt & Whitney, les équipementiers Safran, Sonaca et Siemens, ainsi que les constructeurs Bombardier et Mitsubishi. "Nos portefeuilles et nos zones géographiques sont complémentaires", dit Ludovic Couillaud.
Basé à Boisbriand (Canada), Abipa International regroupe désormais six usines et 400 salariés, dont les deux usines de l'ex-ARM à La Chaussée-d'Ivry (Eure-et-Loir) et au Maroc. Le chiffre d'affaires cumulé dépasse les 100 millions dollars canadiens, soit 66 millions d'euros.



