Le verdict est tombé ce jeudi 10 avril : le tribunal de commerce de Lyon a retenu l’offre du groupe chinois Wanhua, via sa filiale hongroise BorsodChem, pour la reprise de l’usine chimique de Vencorex, à Pont-de-Claix (Isère), en redressement judiciaire depuis septembre 2024
En plus d’un prix de cession de 1,2 million d’euros, le repreneur s’engage à investir 19 millions d’euros sur le site d’ici à 2027. Sur les 450 emplois de Vencorex, seulement 54 seront conservés, ceux de l’atelier de tolonates, des éléments chimiques nécessaires à la fabrication de peintures et de vernis.
«Certains auront à rendre des comptes»
Une douche froide pour les tenants de l’offre alternative, une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) montée à la hâte par des salariés de Vencorex et un entrepreneur du secteur, avec le soutien des collectivités locales. Malgré l'hypothèse d’un investissement d’un industriel indien de 44 millions d’euros, le tribunal a jugé la proposition «irrecevable», faute d’avoir pu réunir les financements dans le délai imparti.
Les porteurs du projet avaient requis un délai de quatre semaines pour boucler leur dossier. «La trésorerie ne permet pas de garantir la mise en sécurité du site au-delà de 15 jours», répond le tribunal dans son jugement. «C’est un grand gâchis car nous étions en mesure de sauver cette plateforme. Il nous a manqué une seule chose : du temps», regrette Séverine Dejoux, élue CGT chez Vencorex, ne cachant pas sa déception et sa colère, à l’occasion d’une conférence de presse organisée devant l’entreprise ce 10 avril.

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À ses côtés, le président de Grenoble Alpes Métropole et maire de Pont-de-Claix, Christophe Ferrari, ému aux larmes, s’est montré plus virulent. «C’est un jour sombre pour notre territoire et une injustice profonde. Il n’y aura plus de discours crédible sur la réindustrialisation de la France à partir d’aujourd’hui pour moi. Certains auront à rendre des comptes», assène l’édile. Un tacle à peine voilé au ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie, Marc Ferracci. «Depuis le début, l’affaire était pliée pour lui. Il n’est même pas venu sur place», poursuit Marc Ferrari, pointant désormais un coût de dépollution du site avoisinant le milliard d’euros pour la collectivité.
La souveraineté pas menacée, selon le ministre de l'Industrie
La veille, sur franceinfo, Marc Ferracci avait affirmé qu’il n’y avait «plus de risques de souveraineté liés aux difficultés de Vencorex». Le chimiste isérois est en effet un fournisseur de sel très pur nécessaire à la fabrication du carburant des missiles de la dissuasion nucléaire et des boosters de la fusée Ariane 6. «Nous avons pris toutes les mesures pour que l'approvisionnement en chlore de ces entreprises soit sécurisé», ajoute le ministre.



