Un «non» lourd de conséquences. Dans une lettre adressée aux élus locaux et aux syndicats de l’entreprise, le Premier ministre François Bayrou a exclu la possibilité d’une reprise par l’Etat du chimiste isérois, placé en redressement judiciaire en septembre dernier. «Une nationalisation même temporaire de Vencorex ne saurait être la réponse en l'absence de solution de pérennité identifiée», écrit-il.
Le chef du gouvernement s’appuie sur une expertise qui «a démontré que l'activité de Vencorex n'est pas viable selon tous les scénarios étudiés, y compris les plus optimistes, avec des pertes cumulées de plusieurs centaines de millions d'euros à un horizon 2032/2033».
Effet domino dans la chimie
Le Premier ministre rappelle aussi que «malgré les efforts déployés par l'administrateur judiciaire et les services de l'Etat en mobilisant le cas échéant les outils financiers publics, Vencorex n'a reçu qu'une seule offre de reprise.»
En l’occurrence, celle d’une filiale hongroise de son principal concurrent, le groupe chinois Wanhua, qui ne conserverait que 54 emplois sur les 450 de l’usine située à Pont-de-Claix (Isère). Une missive qui s’apparente à une douche froide pour les élus isérois, voire à «une insulte» selon les propos du sénateur écologiste Guillaume Gontard.
Au-delà du sort de Vencorex, qui sera tranché par le tribunal de commerce de Lyon le 6 mars, c’est tout l’écosystème des plateformes chimiques du sud grenoblois qui vacille. Le site d’Arkema voisin a annoncé un plan de suppression de près de la moitié de ses effectifs, tandis que Framatome, dont l’usine est critique pour toute la chaîne de l’atome français, doit trouver des alternatives pour se fournir en chlore.



