Les déconvenues se multiplient pour Bosch. Le géant de l’automobile allemand a indiqué jeudi 16 mai à l’Agence France-Presse sa décision de mettre un terme à son activité sur le site industriel de Marignier (Haute-Savoie) au 31 décembre 2024, confirmant une information de la presse locale. Cette annonce intervient après que la recherche d’un repreneur, lancée en 2022, n’a pas abouti. Les représentants du personnel et les collaborateurs ont été informés de cette décision mercredi 15 mai.
«L’électrification croissante des systèmes de direction électrique a entraîné l'arrêt de la production de systèmes hydrauliques, qui n'a pas été compensée par une montée en puissance des commandes en systèmes électriques, les deux activités principales du site de Marignier», a indiqué la direction à l’AFP. «Cela fait plusieurs années que l’usine de Marignier se trouve dans une situation précaire. Le lancement de nouvelles activités n’a pas rencontré le succès escompté, résultant dans la décision de mettre à l’arrêt la production.
«L’absence de nouveaux projets clients avait grevé les perspectives du site», a confirmé la direction à L'Usine Nouvelle, précisant que «le groupe accompagnera tous les salariés dans ce processus [de fermeture] et dans leur reconversion professionnelle». «Vous avez une partie de l’atelier qui est vide, l’autre qui vivote. On avait quatre lignes. Une est complètement démantelée, ça ne va pas tarder pour une autre », se lamentait fin avril Géraldine Roux, responsable CGT, sur les ondes de Radio Mont-Blanc.
D’autres sites français en difficulté
Ce site n’est pas le seul du groupe Bosch dans une situation précaire. Dans le sud-ouest, l’avenir de l'usine de Rodez (Aveyron) est également en suspens, et un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été annoncé au siège français de Bosch, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Le centre d’essai automobile devrait y fermer ses portes au mois de juin. La multinationale (non cotée en Bourse), qui emploie près de 420 000 collaborateurs à travers le monde, dont 134 000 en Allemagne, a par ailleurs officialisé en janvier son intention de supprimer 1 200 emplois dans sa division de systèmes électroniques embarqués (logiciels) d’ici à fin 2026. Près de 1 500 emplois sur deux sites en Allemagne fabriquant des transmissions devraient en outre être supprimés au cours des prochaines années.



