Fort des signes encourageants observés en Chine, L'Oréal a déclaré jeudi 16 avril s'attendre à une reprise rapide des ventes de cosmétiques une fois que les mesures de confinement décidées par les gouvernements pour combattre la pandémie de coronavirus seraient levées.
Au premier trimestre, l'activité du groupe français a reculé de près de 5%, en ligne avec ses propres prévisions, les mesures de confinement en Chine et dans le reste du monde afin de combatte le virus s'étant soldées par la fermeture de nombreux magasins.
Les mêmes mesures de confinement appliquées depuis mars en Europe et aux Etats-Unis - qui se sont traduites par la fermeture des boutiques d'aéroport, des coiffeurs et des salons de beauté - devraient avoir un impact important sur l'activité du groupe au deuxième trimestre.
Le marché chinois montre des signes de rebond avec la fin des mesures de confinement
Toutefois, selon le premier groupe mondial de cosmétiques, la Chine - la région qui représente sa plus importante source de revenus - "montre d’ores et déjà une reprise encourageante de la consommation de produits de beauté", maintenant que les mesures de confinement sont en grande partie levées.
"Comme le montre l’exemple de la Chine, cette situation ne remet pas en cause l’appétence des consommateurs pour la beauté qui reste intacte", souligne dans un communiqué le PDG, Jean-Paul Agon. "Le marché devrait enregistrer un redémarrage marqué dès que les mesures de fermeture des points de vente seront levées."
Recul de près de 5% des ventes de cosmétiques entre janvier et mars 2020
Le groupe français, propriétaire également de la marque Lancôme, a totalisé un chiffre d'affaires de 7,2 milliards d'euros au cours de la période janvier à mars, un recul de 4,3% en données publiées. En données constantes, c'est-à-dire hors effets de changes et de périmètre, le recul est de 4,8%.
Le groupe voit également un signe encourageant dans le e-commerce, qui a progressé de 52,6% et représente maintenant presque 20 % du chiffre d’affaires du groupe. Bloqués à domicile, les consommateurs européens et américains ont massivement recours aux achats en ligne. "La crise actuelle est un accélérateur puissant de la transformation digitale", observe L'Oréal.
Contraction historique de l'économie en ChinE au premier trimestre
L'économie chinoise s'est contractée au premier trimestre pour la première fois depuis au moins 1992, alors que l'épidémie de coronavirus a paralysé la production et la consommation, accentuant la pression sur Pékin pour qu'il engage des mesures supplémentaires pour contrer les effets de la crise sanitaire.
Le produit intérieur brut (PIB) de la Chine a chuté de 6,8% en rythme annuel sur la période janvier-mars, selon des données officielles publiées vendredi 17 avril. Un déclin supérieur au consensus qui ressortait à -6,5% après une croissance de 6% au quatrième trimestre 2019. Il s'agit de la première contraction du PIB chinois depuis au moins 1992, année de l'introduction des statistiques officielles sur la croissance.
Signe encourageant pour la deuxième puissance économique mondiale, toutefois, le déclin moins important qu'attendu de la production industrielle en mars, qui suggère que les efforts des autorités pour faire redémarrer l'économie après sa paralysie en février portent leurs fruits.
Cependant les analystes estiment que les décideurs à Pékin ont devant eux un immense défi pour revigorer la croissance économique alors que la propagation mondiale de l'épidémie de coronavirus pèse lourdement sur la demande venant des principaux partenaires commerciaux de la Chine, tandis que la consommation privée reste aussi sous pression.
"Au cours de la prochaine phase, le manque global de demande sera une préoccupation. La demande intérieure ne s'est pas complètement rétablie alors que la consommation liée aux rassemblements sociaux est toujours interdite tandis que la demande extérieure devrait être ravagée par la propagation de l'épidémie", a-t-il ajouté.
Inquiétude pour l'emploi en Chine
D'un trimestre sur l'autre, le PIB a décliné de 9,8% sur la période janvier-mars, contre un consensus de -9,9% et après une croissance de 1,5% au trimestre précédent. Des analystes s'attendent à ce que la crise sanitaire provoque cette année plus de 30 millions de pertes d'emploi en Chine, davantage que lors de la crise financière de 2008-2009.
Avec Reuters (Sarah White, version française Jean-Michel Bélot, édité par Nicolas Delame)


