L'inquiétante note sur la production de l'industrie agroalimentaire

Pour la quatrième année consécutive, la production des industries de l'agroalimentaire a baissé en 2019. Elle s'établit à son plus bas niveau depuis 2009 note l'Agreste, le service de statistiques du ministère de l’Agriculture. La crise liée au Covid-19 ne devrait rien arranger...

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La production agroalimentaire française est à son plus bas niveau depuis 2009 selon l'Agreste.

La note de conjoncture de l'Agreste semble un peu anachronique. Publiée le 18 juin dernier, elle revient sur la situation de la production des industries de l'agroalimentaire en 2019. Sans évoquer l'épisode du Covid-19 et ses conséquences sur ce secteur, ce document dresse toutefois un bilan alarmant de la santé des industries de l'agroalimentaire à l'aube d'une potentielle crise économique.

Plus bas niveau depuis 2009

En 2019, et pour la quatrième année consécutive, la production industrielle française dans le secteur de l'agroalimentaire a baissé. 'Elle s’établit à son niveau le plus bas depuis 2009" constate l'Agreste.

La baisse est quasiment générale. Font principalement exception les fabrications de produits laitiers, d’aliments pour animaux, ou de la boulangerie-pâtisserie.

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"Cette baisse de la production est le résultat de la forte destruction de valeur que subit le secteur de l'agroalimentaire, victime de la guerre des prix", note Stéphane Dahmani, économiste à l'ANIA (l'Association nationale des industries de l'agroalimentaire). Selon lui, les tensions entre les distributeurs et les industriels affectent "l'offre et la capacité à produire du secteur".

Reprise chez nos voisins européens

La situation est d'autant plus préoccupante que, d'après les données de l'Agreste, la production de l'agroalimentaire chez nos voisins européens, s'est, elle, reprise sur la même période. "La production est dynamique en Allemagne, en Italie ainsi qu’en Espagne, avec respectivement + 1,1 %, + 3,2 % et + 2,4 %" note l'institut.

De quoi continuer de creuser le déficit de la balance commerciale qui, en 2019, s'établit à - 1,05 milliard d'euros. "Seuls les déficits des viandes et produits à base de viandes et de fruits et légumes diminuent", précise l'Agreste. 

Mauvais augure face au Covid-19

"La note de conjoncture du ministère montre une baisse structurelle de la compétitivité des industriels français qui est de mauvais augure face aux difficultés attendues après le Covid-19", estime Stéphane Dahmani.

Selon l'Ania, une forte décélération de la production est attendue d'ici à la fin de l'année. Les premières estimations évaluent une chute de 10% de la production dans le secteur des boissons et - 1% dans l'ensemble du secteur alimentaire. "Actuellement, tous les indicateurs sont au rouge", s'inquiète Stéphane Dahmani. "Dans la note de l'Agreste, il y a quelques signes d'embellie comme le commerce extérieur... Aujourd'hui, ces éléments sont totalement remis en cause par l'épidémie".

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