L’industrie pharmaceutique multiplie les embauches en France et cible les jeunes

Les entreprises du secteur pharmaceutique ont embauché plus de 11 000 personnes pendant la crise et la tendance se poursuit, avec de forts besoins dans les métiers liés aux nouvelles technologies.

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Sanofi Framingham 2
Avec l'accélération de la production de médicaments biotechnologiques, l'industrie pharmaceutique a besoin de compétences en nouvelles technologies.

C’est l’un des rares secteurs industriels à avoir accru ses effectifs pendant la crise sanitaire. En 2020, l’industrie pharmaceutique a embauché 11 380 salariés, dont la moitié en CDI, pour atteindre un total de 99 310 en France. Ce qui marque une progression de 0,5% sur un an, quand l’ensemble de l’industrie a diminué la voilure de 1,2% l’an dernier, selon une présentation des Entreprises du médicament (Leem), jeudi 30 septembre.

Michael Danon, président de la commission emploi du Leem, anticipe une progression « similaire en 2021 et des perspectives fortes après, notamment en raison de la pyramide des âges dans [le] secteur ». Actuellement, 35% des effectifs ont plus de 50 ans. La pharma cible ainsi avant tout les jeunes pour rééquilibrer. Sur les 11 380 embauches de 2020, près de 55% ont concerné des personnes de moins de 35 ans, et 16% de moins de 26 ans.

Montée en puissance de la bioproduction

Les besoins ne découlent pas que du vieillissement des effectifs, mais aussi de la transformation de l’industrie pharmaceutique, en premier lieu avec la modernisation des outils de production, de recherche et de développement. Le phénomène est renforcé par la montée en puissance des médicaments biologiques face aux traitements issus de la synthèse chimique. Les médicaments de nouvelle génération, issus des biotechnologies, permettent de plus en plus de traiter des maladies complexes, graves et rares, et nécessitent une montée en puissance de la bioproduction.

Sur le plan industriel, la France recense actuellement 271 implantations sur tout le territoire, dont 32 en bioproduction. Si, avec la volonté de renforcer la souveraineté sanitaire nourrie, des projets sont en cours pour le rapatriement de productions de médicaments, les projets industriels de bioproduction sont appelés à se multiplier en France.

Compétences dans le numérique

Sur le volet emploi, Frédéric Collet, le président de Leem, évoque une « évolution très rapide pour fabriquer les métiers de demain, qui sont parfois très loin des blouses blanches ». Dans le secteur, environ 150 métiers différents sont recensés sur toute la chaîne, que ce soit en R&D, en production, en assurance qualité jusqu’au marketing.

Les besoins se font sentir en chercheurs, en bio-informaticiens, en data scientists, en responsables qualité ou d'essais cliniques, avec des vraies compétences dans les domaines du numérique et des nouvelles technologies. Michael Danon souligne les besoins « en techniciens en bioproduction et en ingénieurs en intelligence artificielle ».

« Dans les cinq prochaines années, on estime à 5000 les postes sur lesquels il y a un besoin en compétences numériques », ajoute-t-il.  Et ce, sur tout le territoire, en particulier dans six grands bassins d’emplois où le secteur pharmaceutique est très solidement ancré : l’Ile-de-France, les Hauts-de-France, le Grand-Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Normandie et le Centre-Val de Loire.

100% des alternants embauchés

Pour recruter des jeunes, l’industrie pharmaceutique en France mise beaucoup sur la formation. Environ 7 300 alternants ont été formés en 2020. Le secteur s’est engagé à monter jusqu’à 8 000 jeunes par an ces prochaines années. L’objectif est d’attirer des talents qui ne pensent pas forcément que leurs compétences pourraient s’appliquer au secteur pharmaceutique, et avec la volonté de recruter aussi « plus de talents issus de quartiers prioritaires de la ville ou des zones de revitalisation rurale », indique le Leem dans un communiqué.

Frédéric Collet assure d’ailleurs que « 100% des alternants sont embauchés par le secteur ». Essentiellement formés par les plus grandes entreprises pharmaceutiques, qui ont plus de moyens pour le faire, mais ne peuvent pas recruter tout le monde, les alternants trouvent sans problème des emplois aussi dans la multitude de PME que recense le secteur, assure encore le Leem.

Face à des nouveaux entrants sur le marché du travail qui réclament de plus en plus une vraie qualité au travail, Michael Danon vante aussi la « rémunération, qui est, dans la branche pharma, nettement supérieure à la moyenne des secteurs industriels ». Mais également les « perspectives de carrière » et des accords récents de branche sur la qualité de vie au travail et sur le télétravail.

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