Réduire les émissions de carbone des 27 pays membres de l'Union européenne de 55% en 2030 par rapport à 1990. Telle est la vocation du plan climat de la Commission, dont les détails ont été révélés mercredi 14 juillet à travers un ensemble de textes qui seront débattus jusqu'en 2023. Pour atteindre ce but, les secteurs industriels n'auront pas d'autre choix que d'effectuer une transition radicale.
Après la levée de boucliers de l'automobile, qui défend les voitures hybrides, c'est au tour de l'industrie papetière d'exprimer ses craintes. "Il serait présomptueux de chiffrer dès maintenant l'impact de ces textes, reconnaît Paul-Antoine Lacour, délégué général de Copacel (l'Union française des industries des papiers, cartons et celluloses). Mais nous savons déjà que les conséquences seront considérables et les augmentations des coûts spectaculaires".
Volonté de différenciation
Le premier sujet qui fâche concerne la période de transition, jugée extrêmement courte. Paul-Antoine Lacour cite l'exemple des machines à papier, conçues pour durer 30 ans. "On ne va pas mettre à la benne celles qui viennent d'être mises en service, alors qu'elles coûtent plusieurs centaines de millions d'euros", regrette-t-il. Afin de rentabiliser leurs machines et de prévoir l'avenir avec sérénité, les professionnels voudraient une application plus progressive.

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Bois de trituration - Toutes catégoriesBase 100 au 4e trimestre 2011
Le délégué général de Copacel regrette également que la Commission demande à toutes les entreprises les mêmes efforts, sans prendre en compte le chemin parcouru. "L'industrie papetière française a déjà réduit ses émissions de CO2 de 55% de 1990 à 2020, ce qui correspond de manière fortuite à l'objectif à atteindre, précise-t-il. Les marges de manœuvre sont donc beaucoup plus réduites que dans d'autres secteurs qui commencent seulement à décarboner". Fin juin, ce n'était en effet pas l'industrie qui était pointée du doigt par le Haut conseil au climat, mais le transport et l'agriculture.
Risque de fermetures?
Enfin, l'écosystème du papier appréhende l'instauration d'un genre de taxe carbone sur les produits importés de pays extra-européens. Une décision qui pourrait nuire, selon Paul-Antoine Lacour, au commerce international, car les Etats-Unis et la Chine pourraient mettre en place des mesures de rétorsion. La question est de savoir qui de l'Etat, des consommateurs ou des entreprises devra payer le surcoût qui en résultera.
Parmi ces dernières, certaines sociétés pourraient être menacées en cas d'investissements trop conséquent, selon le représentant de la Copacel. "Afin de concilier la lutte contre le changement climatique et le maintien de la compétitivité de l'industrie papetière", Copacel prévoit d'échanger avec les législateurs dans les années à venir.



