L’Europe se dote de son premier supercalculateur, l’un des plus puissants au monde

L’Europe du calcul se concrétise par Lumi, premier supercalculateur européen. Avec une puissance crête de calcul de 552 petaflops, il sera, à son installation en Finlande en 2021, l’un des supercalculateurs les plus puissants au monde. La France est absente de ce projet auquel participent 10 pays.

 

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LUMI
Le datacenter qui hébergera le supercalculateur LUMI en Finlande.

L’Europe de calcul, incarnée par l’initiative EuroHPC, se concrétise avec l’aboutissement officiel du projet LUMI (Large Unified Modern Infrastructure). Il s’agit du premier des trois supercalculateurs européens pré-exascale en projet. Il sera installé en 2021 dans un datacenter flambant-neuf du CSC, le centre de calcul de l’université de sciences appliquée de Kaajani, en Finlande.

Il disposera d’une puissance de calcul crête de 552 petaflops, soit 552 millions de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde. S’il était mis en service aujourd’hui, il serait le supercalculateur le plus puissant au monde.

Un investissement de 200 millions d'euros

Selon le Top 500, le classement des 500 supercalculateurs les plus puissants, publié en juin 2020, c’est le Fugaku, installé au centre de recherche Riken, au Japon, qui occupe la première place avec une puissance crête de calcul de 513 petaflops, suivi par le Summit de l’Oak Ridge National Laboratory, aux Etats-Unis, avec 201 petaflops, puis le Sierra du Los Alamos National Laboratory, outre-Atlantique, avec 126 petaflops. " D’ici 2021, le Top 500 va probablement bouger avec l’arrivée de machines plus puissantes en tête du classement, prévoit Pekka Manninen, le directeur du projet. Au final, LUMI devrait figurer parmi les plus puissants au monde. "

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Image fictive du supercalculateur LUMI (crédit photo: CSC)

Le projet représente un investissement de 200 millions d’euros sur l’ensemble de cycle de vie de la machine jusqu’en 2026. La moitié est financée par la Commission européenne. L’autre moitié est partagée par les dix pays participants : Finlande, Belgique, République Chèque, Danemark, Estonie, Islande, Norvège, Pologne, Suède et Suisse. La France n’y participe pas. La machine coûte à elle seule 145 millions d’euros.

La construction de la machine a été confiée non pas à Atos, seul constructeur européen de supercalculateurs, mais à l’américain HPE, numéro un mondial du marché, à la suite d’un appel d’offres international en novembre 2019, sur la base de processeurs et accélérateurs graphiques d’AMD. "L’appel d’offres a été mené dans le strict respect des règles européennes, précise Kimmo Koski, le patron du CSC. Le choix du constructeur a été fait selon des critères précis. "

20 % de la capacité ouverte aux industriels

La première tranche sera mise en service au deuxième trimestre 2021 pour une puissance crête de calcul de 375 petaflops. Elle sera complétée par une seconde tranche au quatrième trimestre 2021. L’ensemble de la machine occupera une superficie au sol de 150 mètres carrés, l’équivalent d’un court de tennis, et pèsera 150 tonnes. Elle consommera aux alentours de 8,5 MW, à 100 % de l’énergie renouvelable d’origine hydraulique. La chaleur dissipée dans le datacenter sera exploitée pour subvenir à 20 % du chauffage du district aux alentours.

Datacenter de LUMICSC
Datacenter de LUMI Datacenter de LUMI

Le datacenter qui hébergera le supercalculateur LUMI en 2021 (Crédit photo: CSC)

Avec LUMI, les chercheurs des dix pays participants au projet disposeront de capacités de calcul et simulation inédites. De quoi accélérer les applications existantes mais aussi repousser les limites scientifiques dans des domaines comme le climat, l’intelligence artificielle, la pharmacologie ou la lutte contre la pandémie du Covid-19. "Cela va contribuer grandement à améliorer la compétitivité de la recherche et de l’industrie en Europe ", affirme Kimmo Koski, qui promet de réserver 20 % de la capacité de calcul de la machine aux industriels et PME-PMI.

Les deux autres supercalculateurs pré-exascale de l’initiative EuroHPC seront installés, l’un en Italie, l’autre en Espagne. " L’un des deux projets est déjà avancé, confie Anders Jensen, qui dirige EuroHPC. Le contrat de construction de la machine a été confié à Atos. Il devrait se concrétiser en 2021. "

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