C’est officiel. Comme L'Usine Nouvelle l'avait annoncé, les entreprises françaises Celluloses de Brocéliande, Bioserenity, Savoy International et BB Distribe sont aujourd’hui prises en compte par l’Etat pour la production de masques chirurgicaux et FFP2 en France.
Elles s’ajoutent aux quatre producteurs d’origine - Kolmi-Hopen, Valmy, Paul Boyé Technologies et Macopharma - et font désormais partie des fournisseurs en masques sanitaires de l’Etat. Lequel vient d’annoncer ainsi, pour ces huit acteurs, une commande globale de 1 milliard d’unités.
Professionnels de santé, malades et personnes vulnérables
Face à l’épidémie de Covid-19, ce milliard de masques sanitaires sera bien évidemment distribué par l’Etat aux professionnels de santé, qu’ils soient à l’hôpital, en ville, dans les établissements et services médico-sociaux ou dans les équipes chargées de réaliser les tests du Covid-19. Mais pas seulement. Le communiqué du gouvernement, paru le 19 mai au soir, ajoute que les "personnes atteintes par le Covid-19" et les "personnes à haut risque médical de développer une forme grave de Covid-19" seront aussi bénéficiaires. Un manque qui avait été pointé du doigt à plusieurs reprises, notamment par les pharmaciens qui n'avaient pas l'autorisation de fournir ces dernières semaines les patients ou les personnes vulnérables présentant une ordonnance de masques sanitaires dans les officines.
20 millions d'unités par semaine fin mai, 50 millions fin 2020
Aujourd’hui, les quatre producteurs d’origine sur le territoire français ont poussé leurs capacités à environ 10 millions de masques sanitaires par semaine, contre seulement 3,5 millions d’unités hebdomadaires début mars, avant la perte de contrôle sur l’épidémie. Les quatre nouveaux industriels entrants sur ce créneau de production et soutenus par l’Etat devraient permettre de doubler cette capacité installée d’ici à la fin mai, assurent les ministères des Solidarités et de la Santé, et de l’Economie et des Finances. D’ici à la fin de l’année, avec la montée en puissance des projets de développement en cours, le gouvernement espère dépasser des volumes de 50 millions d’unités par semaine.
D'autres projets industriels
Cette commande de 1 milliard de masques chirurgicaux et FFP2 ne prend pas en compte plusieurs autres projets d’unités de production en cours d’installation dans l’Hexagone. Comme celle de la société Eurasia au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), inaugurée le 14 mai et qui vise des capacités de 1 million de masques sanitaires par jour, ou la future usine du groupe japonais Iris Ohyama qui produirait à partir d’octobre prochain à Lieusaint (Seine-et-Marne), avec un objectif de 50 à 70 millions de masques sanitaires par mois. Sans compter quelques autres projets industriels qui semblent moins avancés, notamment en Bretagne.
Les projets des quatre nouveaux producteurs
Parmi les quatre nouveaux entrants, Celluloses de Brocéliande (Groupement Les Mousquetaires) est celui qui a le plus détaillé publiquement son projet. Dans son usine de Ploërmel (Morbihan) sont en cours d’installation trois lignes de production de masques FFP2, prévue pour démarrer en juillet, et deux de masques chirurgicaux à partir d’août. D’ici à décembre, 130 millions d’unités devraient être produites sur le site. De son côté, Bioserenity a démarré le 12 mai les premières des 11 lignes dans une nouvelle unité près de son usine implantée sur le campus du Technopole de L’Aube Champagne, à Rosières-près-Troyes (Aube). Les capacités envisagées sont de 500 000 masques chirurgicaux et FFP2 par jour, et 150 emplois devraient être créés.
Savoy International a de son côté démarré depuis environ un mois une ligne de production de masques chirurgicaux et a qualifié début mai des lignes de masques FFP2 sur son site industriel de Cluses, en Haute-Savoie, selon une source interne. Enfin, le producteur de couches BB Distribe investit sur son usine à Laval-Sur-Vologne (Vosges), d’après France Bleu Sud Lorraine qui évoque un recrutement de 20 salariés.



