Face à la stagnation des ventes mondiales de voitures (environ 80 millions d'unités écoulées en 2022), de nombreuses entreprises spécialisées dans l'automobile craignent la panne. L'équipementier Plastic Omnium, lui, envisage au contraire son avenir avec optimisme. Le 22 février, le groupe tricolore a annoncé un chiffre d'affaires de 9,47 milliards d'euros (comprenant ses participations dans plusieurs coentreprises), en hausse de 18,2%. Il parvient même à dégager un bénéfice net de 168 millions d'euros, soit 32,6% de plus qu'en 2021. «Nous sommes très fiers d'avoir réalisé de tels résultats dans un environnement aussi difficile, marqué par une forte inflation», s'est félicité Laurent Fabre, directeur général du groupe, lors de la présentation des résultats.
Un marché européen qui patine
Cette performance est avant tout due à aux activités historiques de Plastic Omnium, la fabrication de réservoirs et de pièces de carrosserie, qui ont bénéficié de meilleures prises de commandes et d'une volatilité moindre. En 2021, au plus fort de la crise des semi-conducteurs, les multiples usines à l'arrêt au sein de l'industrie automobile avaient eu un impact non négligeable sur sa production. Si l'Europe représente toujours 48% de son chiffre d'affaires, la croissance au sein de cette zone est aujourd'hui nettement plus faible qu'en Amérique du Nord ou en Chine, ses deux autres principaux marchés (respectivement +9% sur un an contre +32,5% et +16,8%).
«Nous constatons avec tristesse que le marché européen souffre mais nous allons en bénéficier, assure le directeur général. La consolidation implique qu'il y aura de moins en moins d'acteurs et que les plus forts vont devenir de plus en plus forts». La perte de compétitivité du Vieux-continent et les multiples réglementations environnementales poussent néanmoins le groupe à se tourner vers l'Asie, où les ventes continuent à progresser, et les Etats-Unis, devenus l'une des terres de conquête de nombreux constructeurs européens.
Une usine-clé pour la mobilité hydrogène à Compiègne
Outre la diversification géographique, Plastic Omnium est également pleinement engagé dans la transformation de ses activités. «A l'horizon 2030, 40% de nos revenus proviendront de technologies qui ne font pas partie de notre portefeuille actuel», a affirmé Laurent Fabre. L'année 2022 a notamment été rythmée par un nouveau départ dans le secteur de l'éclairage, via les acquisitions de la branche dédiée du groupe indien Varroc (pour 600 millions d'euros) et de l’allemand AMLS, un autre spécialiste des feux de voiture (pour 65 millions d'euros), et par une accélération dans les batteries embarquées et l'électronique de puissance, grâce au rachat d'Actia Power (pour 52,5 millions d'euros).

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Mais la priorité de l'équipementier semble aujourd'hui l'hydrogène, une source d'énergie dans laquelle il mise beaucoup. Après avoir signé en 2021 un partenariat avec Alstom pour développer les trains à hydrogène puis ouvert à Dettingen (Allemagne) la plus grande usine de piles à combustible d'Europe, «la dynamique industrielle et commerciale s’est intensifiée en 2022». Plastic Omnium a en effet conclu divers accords commerciaux avec plusieurs constructeurs, parmi lesquels Stellantis, Hyvia (co-entreprise entre Renault et Plug Power) ou encore Ford. Le groupe a également annoncé la construction à Compiègne (Oise) d’une usine censée produire 80 000 réservoirs à hydrogène haute pression dès 2025, financée par l'Etat français à hauteur de 74 millions d'euros. A cette date, il prévoit un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros pour ses activités liées à l'hydrogène, censées dépasser les 3 milliards d'euros en 2030.
«Bien sûr, l'hydrogène restera un petit marché en 2030 par rapport à celui des batteries, reconnait le dirigeant. Mais cette source d'énergie deviendra indispensable pour décarboner les mobilités lourdes et s'imposera aussi probablement sur les gros SUV. Tous les acteurs traditionnels de l'automobile investissent d'ailleurs dans se secteur, qui se développe encore plus vite que ce nous avions imaginé». Les récentes turbulences rencontrées par Hopium, la start-up tricolore qui prévoit de sortir une berline à hydrogène dès 2025, pourraient cependant refroidir quelque peu leurs ardeurs.



