Un projet de transformation "pour assurer la pérennité de son activité et la poursuite de son développement", prévoyant la suppression de 475 postes et la fermeture d'un site industriel en France. C'est ce qu'a présenté l'équipementier aéronautique Latécoère, basé à Toulouse (Haute-Garonne) au cours d'un comité social et économique le 25 septembre.
Des suppressions de postes
"Ce projet doit permettre d’assurer l'avenir de Latécoère dans un contexte de crise profonde. Il s'agit notamment d’adapter l’outil de production pour répondre aux enjeux stratégiques du groupe et assurer le maintien de son empreinte industrielle en France sur le long terme", se justifie-t-il dans un communiqué. "Le projet conduirait à la suppression de 475 postes sur les 1 504 que compte le groupe en France au 31 juillet 2020 afin d’adapter ses effectifs au volume d’activité et aux prévisions de lente reprise du trafic aérien", précise-t-il.

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Les deux branches d'activité sont concernées : l'aérostructure (tronçons de fuselage, portes d'avions) et le câblage. Le plan a été approuvé jeudi 24 septembre par le conseil d'administration de Latécoère. 1 000 postes auraient déjà été supprimés à l'étranger dans les filiales en Tunisie, République Tchèque... sur un effectif international de 3 500 personnes avant la crise.
Fermeture de l'usine de câblages à Labège
"Nous ne voyons pas de retour à la normale avant 2025 et sommes contraints de nous adapter pour que Latécoère continue de vivre. Mais nous faisons tout pour préserver notre empreinte industrielle en France", selon Thierry Mootz, directeur général du groupe. Un des neuf sites de production du groupe sera fermé: celui spécialisé dans les câblages de Labège (Haute-Garonne). Seules les fonctions administratives y seraient conservées.
L'industriel prévoit la "spécialisation de ses sites afin d'en faire des centres d'excellence européens dans des activités porteuses, telles que le spatial ou l'après-vente", ou encore la conception de l'"avion décarboné" à l'horizon 2035.
60 millions d'euros de prêts garantis par l'Etat
Avec pour clients les grands donneurs d’ordre du secteur dont Boeing et Airbus, le groupe souffre de la réduction anticipée de volumes pour les programmes Embraer E1, les Falcon 7X et 8X de Dassault Aviation et les long-courriers d’Airbus. Les objectifs financiers pour l’année ne sont plus d’actualité. "La baisse de cadence de 40% de nos principaux clients a entraîné une baisse équivalente de 40% de l'activité du groupe. Cette situation devrait se poursuivre l'année prochaine, le retour aux niveaux pré-Covid-19 n'étant pas prévu avant 2025".
En avril 2020, l'entreprise avait obtenu, auprès d’un consortium de banques, 60 millions d'euros de prêts garantis par l'Etat. "Ces prêts renforcent la liquidité immédiate du groupe et lui permettront de redémarrer efficacement sa production pour répondre à la demande de ses clients une fois que les mesures de confinement dans les pays où il opère seront progressivement levées", précisait alors Latécoère, à l’occasion de la publication de ses résultats financiers du premier trimestre.
Consolidation en cours dans le secteur
Alors que la crise dans le secteur aéronautique - qui s’annonce à la fois aigüe et durable - pourrait provoquer une accélération du phénomène de consolidation déjà engagé, le groupe français y participera-t-il ? La nouvelle direction pourrait prendre des décisions en ce sens, le nouveau directeur général, Philippe Swash, étant par ailleurs un ancien responsable de l’équipementier britannique automobile et aéronautique GKN.



