La Suisse ne dispose plus du supercalculateur le plus puissant d’Europe. Elle est supplantée par l’énergéticien italien Eni qui vient d’installer dans son centre de calcul à Ferrera Erbognone, à 40 km de Milan, le HPC 5.
Avec une puissance crête de calcul de 51,7 petaflops (1 petaflops vaut 1 million de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde), ce monstre de calcul, construit par Dell, s’impose aussi comme le supercalculateur non gouvernement le plus puissant de la planète. S’il était pris en compte dans le Top 500, le classement des 500 supercalculateurs les plus puissants au monde, il pointerait à la cinquième place derrière deux supercalculateurs gouvernementaux américains et deux supercalculateurs gouvernementaux chinois.
Supercalculateur le plus efficace au monde
Le supercalculateur non gouvernemental le plus puissant était jusqu’ici détenu par Total dans son centre de recherche à Pau. Construit par IBM, il affiche une puissance crête de calcul de 25 petaflops, ce qui le positionnait à la 11 e place dans le Top 500 publié en novembre 2019.
Eni disposait jusqu’ici de trois supercalculateurs : deux fournis par IBM et un par HPE entre 2013 et 2018. L’arrivée du HPC 5 porte la puissance totale de calcul disponible à près de 70 pétaflops. Le nouveau supercalculateur est présenté comme le plus écologique et le plus efficace jamais mis en service dans le monde. Il se targue de réaliser 20 gigaflops pour un watt consommée. C’est mieux que le Fugaku, livré par Fujitsu à l’institut de recherche Riken, au Japon, et considéré jusqu’ici comme le champion de l’efficacité énergétique avec un ratio de 16,9 giglaflops par watt. Il assouvit 10 à 15% de ses besoins d’électricité à partir d’une centrale solaire photovoltaïque de 1 MW, pierre angulaire du datacenter vert où il est installé.
Recherche sur les énergies d'avenir
Pour réduire sa consommation, le HPC 5 s’appuie, non seulement sur des processeurs de calcul Xeon d’Intel, mais aussi sur des accélérateurs de calcul de Nvidia. Il est utilisé par les géologues d’Eni pour modéliser les champs pétrolifères, optimiser l’exploitation des gisements et améliorer le raffinage des résidus lourds en produits légers de haute qualité. Il est doté d’une capacité de stockage de données pour garder la mémoire des gisements découverts et exploités pendant plus de 70 ans.
Eni entend exploiter la puissance totale de calcul disponible aussi pour booster ses recherches sur les énergies d’avenir comme la fusion par confinement magnétique ou l’énergie des vagues marines ainsi que l’étude des modèles météorologiques de l'Arctique.



