La Commission européenne a donné son accord à l’adhésion de l’Autriche au projet important d'intérêt européen commun (PIIEC) sur la microélectronique. Vienne est autorisée à accorder un soutien public de 146,5 millions d’euros aux projets de développement de 530 millions d’euros de trois entreprises dans le pays : Infineon Technologies, NXP Semiconductors et AT&S.
Nano 2022, déclinaison française
Le PIEEC est un nouveau instrument de politique industrielle en Europe autorisant les Etats membres à soutenir le passage des innovations en production, ce qui était contraire aux sacro-saintes règles européennes de la concurrence. La microélectronique a été le premier secteur à en bénéficier avec le plan lancé en 2018 par l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Les quatre Etats sont autorisés à apporter un soutien public de 1,75 milliard d’euros.
En France, ce plan est décliné par le programme Nano 2022 avec sept chefs de file (STMicroelectronics, Soitec, Lynred, X-Fab France, Murata France, UMS et le CEA-Leti) pour un investissement total d'environ 5 milliards d’euros en cinq ans, dont 890 millions d’euros de l’Etat, 98 millions d’euros des collectivités locales et 100 millions d’euros de financements européens.

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Les projets d’Infineon Technologies, de NXP Semiconductors et d’AT&S en Autriche visent à apporter des innovations technologiques supplémentaires dans les semi-conducteurs à haut rendement énergétique, les circuits de sécurité, les interconnexions avancées de composants et le conditionnement biologique des puces. La Commission européenne y voit une valeur ajoutée significative au PIIEC existant sur la microélectronique.
AMS, absent du plan
Paradoxalement, le champion autrichien des puces, AMS, reste absent de ce plan. Les subsides de l’Autriche iront aux filiales locales de l’allemand Infineon Technologies et du néerlandais NXP Semiconductors, ainsi qu’à la société autrichienne AT&S spécialisée non pas dans les semi-conducteurs mais dans les technologies d’interconnexion électronique (circuit imprimé et circuit hybride).
Alors que le PIIEC existant se termine en France à la fin de 2022, Bruxelles prépare déjà le plan suivant. Un appel à manifestation a déjà été adressé aux entreprises potentiellement concernées. Le futur plan s’annonce plus ambitieux et plus vaste avec, selon Paul Boudre, le directeur général de Soitec, vingt pays européens déjà intéressés. Il n’est pas clair à ce stade si l’idée de fonderie avancée de puces en Europe, lancée par Thierry Breton, Commissaire européen au Marché intérieur, a vocation à s'inscrire dans ce futur plan ou si elle fera l’objet d’une action spécifique de la Commission européenne et des Etats membres.



