Face aux métamorphoses de l’auto, les fournisseurs et sous-traitants de la région Centre-Val de Loire n’ont pas attendu d’être au pied du mur pour négocier leur virage technologique. À l’instar du groupe Caillau, situé à Romorantin (Loir-et-Cher) et spécialisé dans les systèmes de fixation (clips, colliers de serrage). Il produisait jusqu’à présent des pièces pour les moteurs essence et diesel. «Grâce à notre effort de R&D, 10% du chiffre d’affaires, nous avons développé des produits dédiés aux véhicules hybrides, électriques et pour l’hydrogène», détaille Stéphane Drivon, le président de l’entreprise de 600 salariés, qui réalise un chiffre d’affaires de 93 millions d’euros.
Il a fallu monter en gamme. «Nos produits conçus pour des moteurs de véhicules hybrides offrent des étanchéités très performantes et sont capables de résister à des températures élevées, de l’ordre de 1000°C», se félicite le dirigeant. La garantie d’un bon niveau de dépollution du moteur passe par l’utilisation de gaz de plus en plus chauds afin de brûler les particules fines. L’industriel a mis au point des produits dédiés à la fixation des circuits d’hydrogène et des systèmes de refroidissement des batteries électriques. Et se diversifie hors de l’auto via de la croissance externe. «En 2021, nous avons acquis Adiwatt, un producteur de panneaux solaires en toiture et d’ombrières de parking, un marché en plein essor», explique Stéphane Drivon, qui espère que cette activité (25% des revenus) sera bientôt équivalente à la part du segment automobile.
Perdre des marchés, en gagner d’autres
Aux établissements Duthion, à Yermenonville (Eure-et-Loir), spécialisés dans l’usinage de prototypes, un nouveau cap a été fixé par le jeune PDG, Maximilien Poul : «Passer notre activité automobile de 90 à 50% d’ici à cinq ans, chiffre-t-il. Nous devons compenser la baisse du nombre de pièces à produire en nous diversifiant. Nous visons 15% en aéronautique et spatial, 15% pour la défense, 10% partagés entre l’agriculture, le ferroviaire, le nucléaire et 10% dans la moto.» Pour accélérer dans les deux-roues motorisés, la société a fondé sa propre marque, Attila Racing, et des perspectives s’ouvrent pour des pièces destinées à la compétition. «Nous venons de réaliser les premiers prototypes pour Stark Future, qui crée sa première moto électrique», se réjouit le patron. Duthion a investi dans un nouvel équipement afin d’usiner des pièces de grande capacité pour l’électrique.
A Diors (Indre), le canadien Linamar Light Metals, spécialiste des pièces moulées en aluminium, a lui aussi engagé sa mue vers l’électrique. «Nous espérons faire passer la part de thermique de 80 à 50, voire 40%. Ce changement nous a fait perdre des marchés, mais nous en avons gagné de nouveaux, notamment pour Alpine, Ford et Audi», confie Boualem Bachène, le directeur du site Linamar Light Metals Chateauroux. Pour amorcer ce virage, le spécialiste historique de culasses pour moteurs thermiques a «fait le dos rond» et investi en R&D pour développer de nouvelles pièces. «Nous avons intégré de nouveaux procédés de moulage pour produire des pièces de plus grande dimension à parois fines, et d’autres d’assemblage pour intégrer l’usinage et le montage de 80% de nos pièces», précise le directeur. Une transformation qui a coûté 25 à 30 millions d’euros. La société, comme d’autres dans la région, espère profiter du plan France 2030 pour engager des projets à plus long terme.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3720-3721 - Juillet/août 2023



