L’Anses interdit les principaux usages de l'herbicide S-métolachlore et réautorise la phosphine

L’Anses a interdit, dans une série de décisions publiées jeudi 20 avril, les principaux usages du S-métolachlore, troisième herbicide le plus utilisé en France, en raison des risques de contamination des eaux souterraines. Elle a en parallèle réautorisé sans restriction l'usage de l'insecticide PH3 (phosphine) pour les exportations hors Union européenne.

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Epandage agricole
Un délai de six mois est accordé aux produits contenant du S-métolachlore. Ils pourront être distribués et vendus jusqu’au 20 octobre 2023.

Ce sont les concentrations trop élevées de dérivés chimiques du S-métolachlore, troisième herbicide le plus utilisé en France, dans les eaux souterraines qui ont poussé l’Anses à agir. L’Agence, dans plusieurs décisions publiées jeudi 20 avril, a indiqué interdire les principaux usages du principe actif employé principalement sur les cultures de maïs, de soja ou de tournesol. Un délai de six mois est accordé aux produits contenant du S-métolachlore. Ils pourront ainsi être distribués et vendus jusqu’au 20 octobre 2023, tandis que les stocks de ce pesticide pourront être utilisés jusqu’au 20 octobre 2024.

Cette décision intervient alors que le 15 février, l’Anses avait fait connaître sa volonté d’interdire les principaux usages du S-métolachlore en raison des risques de contamination des eaux souterraines par la substance. Celle-ci aurait un impact sur les écosystèmes mais aussi sur l’homme : «les grandes quantités utilisées entraînent des pollutions fréquentes des eaux à destination de la consommation humaine», expliquait une étude sur les alternatives à cet herbicide de l’Inrae en septembre 2022. Or, l’Agence européenne des produits chimiques avait classé le S-métolachlore dans sa liste des cancérigènes suspectés en juin 2022. Cette annonce du 15 février avait suscité l’inquiétude des filières agricoles qui affirmaient manquer d’alternatives.

L’insecticide PH3 réautorisé

En parallèle, jeudi 20 avril, l’Anses a réautorisé l’usage sans restriction de l’insecticide PH3 (phosphine) pour les exportations hors Union européenne. Cette substance utilisée en fumigation directe dans les cales des bateaux est essentielle pour les exportations de céréales vers l’Afrique. L'Anses avait décidé de restreindre son usage à compter du 25 avril en n’autorisant la fumigation que par contact indirect avec les céréales, ce que certains pays importateurs n’autorisent pas. Face aux inquiétudes des exportateurs, le ministre de l’agriculture Marc Fesneau, engagé depuis plusieurs mois dans un bras de fer avec l’Anses au sujet notamment de la phosphine et du S-métolachlore dont il ne souhaitait pas que les usages soient interdits, avait assuré que la France allait continuer à exporter des céréales. Ce sera donc bien le cas. Dans un communiqué publié vendredi 21 avril, le gouvernement s'est «félicité» de cette décision «qui va permettre, comme dans les autres pays européens, la poursuite des exportations de céréales dans les conditions demandées par les pays de destination» et a pris acte du choix de l'Anses de ne pas renouveler les produits contenant du S-métolachlore.

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