Le coup d’Etat en Guinée a donné un nouveau coup de chaud au marché de l’aluminium. Après l’annonce de la destitution d’Alpha Condé, le cours du métal au London metal exchange a dépassé 2800 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis 2008. Même si les putschistes ont assuré qu’ils ne déstabiliseraient pas l’activité minière, le pays d’Afrique de l’Ouest est le second producteur mondial de bauxite, indispensable à la production d’aluminium primaire, derrière l’Australie. Il est surtout un fournisseur stratégique de la Chine, à laquelle il a fourni 33 millions des 69 millions de tonnes d’importations chinoises de bauxite.
« De la bauxite à la production d’aluminium, le processus industriel reste long », tempère Yves Jégourel, directeur du CyclOpe.
La bauxite doit d’abord être transformée en alumine, avant d’être utilisée dans les fonderies d’aluminium. Les troubles politiques en Guinée ne sont que le dernier d’une longue liste de facteurs qui poussent les feux sous les cours de l’aluminium. A début septembre, le prix du métal avait gagné près de 40 % depuis le début de l’année. Alors que le marché était jusqu’à l’an dernier excédentaire, avec des stocks conséquents. La raison principale se trouve en Chine, qui concentre près de 60 % de la production mondiale avec 37 millions de tonnes du métal léger.
Baisse de production en Chine

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Depuis cet été, la Chine se met en ordre de bataille pour respecter ses engagements climatiques et réduire ses émissions de CO2. Une grande part de l’électricité chinoise est produite au charbon et l'électrolyse pour produire l’aluminium est très électro-intensive. La province de Xinjiang, qui concentre 20 % des capacités chinoises d’aluminium, a imposé à cinq fonderies de réduire leur production à partir d’août. Des restrictions similaires ont été adoptées en Mongolie intérieure et au Guanxi. « Or la demande chinoise reste forte. D’un seul coup, le premier producteur mondial d’aluminium primaire a besoin de matière », souligne Cyrille Mounier, le directeur général d’aluminium France, le lobby de la filière.
Tout cela met sous pression l’offre, alors que la demande est repartie. A plus long terme, le métal est l'un des métaux phares de la transition énergétique. Il est utile pour alléger, notamment les voitures. « La Chine a besoin d’aller vers l’aluminium bas carbone et de relocaliser sa production là où l’hydroélectricité est abondante », pointe Yves Jégourel.



