Un véritable domino. Alors que plusieurs pays européens avaient suspendu la vaccination avec le produit d’AstraZeneca ces derniers jours, l’Allemagne, la France puis l’Italie viennent de leur emboîter le pas ce 15 mars, en quelques minutes. "Sur la recommandation du ministre des Solidarités et de la Santé et en lien avec les autorités sanitaires françaises", la décision a été prise de "suspendre la vaccination avec AstraZeneca", a déclaré Emmanuel Macron, le président de la République, dans une allocution lors du sommet franco-espagnol à Montauban, cet après-midi.
La décision est valable pour au moins 24 heures, "jusqu’à demain après-midi", a précisé Emmanuel Macron, après un avis que doit rendre le 16 mars l’Agence européenne du médicament (EMA). Cette décision intervient juste après la décision de l’Allemagne, en début d’après-midi, de suspendre la vaccination avec AstraZeneca. L’Italie a suivi.
Effet domino depuis la suspension par l'Autriche le 9 mars
Depuis une alerte en Autriche sur deux cas graves de thrombose chez des personnes vaccinées, dont un décès, un lot du vaccin, l’ABV5300, avait été suspendu en Autriche mais également en Estonie, Lituanie, au Luxembourg et en Lettonie. Le 11 mars, après un nouveau décès suite à une thrombose, c’est le Danemark qui avait décidé de suspendre toutes les vaccinations avec ce vaccin, suivi d’emblée par la Norvège et l’Islande, puis le week-end dernier par l’Irlande et les Pays-Bas.
Jusqu’à cet après-midi, l’EMA ainsi que les autorités allemandes et françaises avaient conservé une attitude inflexible, même si des enquêtes ont été ouvertes. Une trentaine de cas de thromboses chez des patients vaccinés avec le produit d’AstraZeneca ont été signalés, sur environ 5 millions de personnes ayant reçu une injection. Selon l’Institut Paul Ehrlich, l’organisme fédéral allemand des vaccins et des produits biologiques, au 11 mars, onze cas avaient été rapportés outre-Rhin, pour 4 décès.
965 cas graves et 2 décès en France
Dans le dernier rapport de pharmacovigilance, publié le 12 mars, l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) évoquait avoir répertorié 965 cas graves avec le vaccin AstraZeneca, sur 454 545 injections entre le début de son utilisation et le 4 mars 2021. L’ANSM notait 2 décès, 3 mises en jeu du pronostic vital et 19 hospitalisations, notamment.
Jusqu’à présent, aucun lien n’a été formellement été établi entre ces thromboses et le vaccin dans aucun pays européen. Le 14 mars, AstraZeneca avait publié un communiqué assurant qu’il n’y avait pas de preuve évidente d’embolie pulmonaire ou de thrombose, sur 17 millions de personnes ayant été vaccinées dans l’UE et au Royaume-Uni avec son vaccin. Et ce "pour aucune tranche d’âge, aucun genre, aucun lot ou dans aucun pays en particulier". Aucune preuve n’aurait non plus émergé au cours des essais cliniques sur 60 000 participants, AstraZeneca précisant d’ailleurs qu’il y aurait eu plus d’accidents thrombotiques parmi les personnes ayant reçu le placebo que parmi celles ayant été réellement vaccinées.



