Menés avec le concours du SFPN (Syndicat Français des Professionnels du NoCode), les travaux de l’Afnor relatifs aux usages du LowCode/NoCode trouvent leur issue avec la publication de l’AFNOR SPEC 2312, présentée à la presse le 3 juillet à Paris. Première initiative du genre dans le monde, l’idée de ce document est de créer un cadre normatif afin de permettre aux entreprises et aux administrations de déployer plus rapidement des projets de ce type.
Julie Latawiec, responsable développement et innovation de l'Afnor résume les atouts de cette approche : « Le LowCode/NoCode est l’une des tendances les plus marquantes de ces dernières années. Il représente une évolution dans la manière de concevoir et développer des applications, notamment quand il est couplé à l’intelligence artificielle. Les entreprises qui la mettent en œuvre gagnent en temps, en flexibilité, réduisent les coûts des applications ainsi que la consommation énergétique. Cette approche pose aussi un certain nombre de défis dans la définition du LowCode/NoCode, dans la sécurité des données et l’interopérabilité des plateformes. »
Deux grandes approches dans les solutions de développement
Volontairement rédigé de manière simple et didactique, ce document de référence d’une quarantaine de pages s’adresse bien évidemment à toutes les entreprises qui s’intéressent à ce mode de développement, aux start-up, mais aussi aux Project Builders, un nouveau métier reconnu par France Travail et qui voit des salariés se reconvertir en concepteurs d’applications LowCode/NoCode.
Produit par une soixantaine d’acteurs du secteur, le document se structure en 4 grands chapitres. Du fait de l’extrême diversité des solutions disponibles, la première partie est consacrée à la définition de l’approche. Eric Monnoyer, membre du SFPN (Syndicat Français des Professionnels du NoCode) et directeur de l’Afnor Spec LowCode/NoCode, explique : « Il y a aujourd’hui plusieurs centaines de solutions disponibles sur le marché. Celles-ci peuvent être regroupées en 2 grandes approches : s’appuyer sur des plateformes intégrées qui permettront de développer des solutions très diverses, ou au contraire partir sur une solution spécialisée comme celles qui existent dans le domaine du CRM ou des médias. »
Pour le spécialiste, ce choix va dépendre très directement des cas d’usage qui seront portés par la plateforme. Eric Monnoyer souligne : « Parmi les points d’attention figure la gestion de projet, en particulier sur les phases amont d’expression de besoins. Même la solution LowCode/NoCode de la plus avancée sur l’IA ne sera pas capable de déceler des erreurs de conception par rapport à un contexte métier. » L’expert ajoute que la solution choisie doit pouvoir s’intégrer dans l’environnement technique de l’entreprise, en particulier à ses contraintes de sécurité et à sa politique de protection des données RGPD. Enfin, la solution doit offrir les interfaces et se connecter aux applications de l’entreprise.
Un modèle qui pose clairement une problématique de Vendor Lock-in
La SPEC 2312 se concentre ensuite sur la mise en œuvre d’un projet LowCode/NoCode, puis la phase d’intégration de ce type de projet, avec notamment les problématiques de réversibilité et d’interopérabilité posées sur ce modèle. En effet, la quasi-totalité des solutions disponibles sont propriétaires et il est nécessaire de se soucier en amont du risque de dépendance forte (vendor lock-in) vis-à-vis de l’éditeur. Enfin, le document s’intègre au volet sécurité et résilience des solutions, notamment vis-à-vis de l’ISO 22361 qui porte sur la gestion de crise et les plans de reprise informatique (PRI).
L’Afnor compte proposer ce document comme base d’une future norme ISO sur le LowCode/NoCode dans les prochaines semaines. Si suffisamment de pays votent en ce sens et que le texte est accepté au niveau international, un travail de réécriture et d’approfondissement pourrait conduire à la publication d’une norme ISO d’ici 2 ans. La SPEC 2312 est téléchargeable gratuitement dans la boutique en ligne de l’Afnor.



