Hydrogène, carburants durables, hybridation électrique… L’aéro a mis le cap sur l’avion décarboné. Entre la croissance attendue du trafic aérien et l’urgence climatique qui pèse sur le secteur, l’issue du voyage est incertaine. Retrouvez ses étapes dans ce dossier au long cours.

Traînées de condensation France avion
Traînées de condensation France avion

Responsable d’au moins 2,5 % des émissions mondiales de CO2, le cap que s’est fixé la filière à l’échelle mondiale, par le biais de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), est plutôt ambitieux : réduire de 50 % les émissions du secteur d'ici 2050, par rapport au niveau de 2005. Le tout, alors que le trafic aérien devrait bientôt retrouver une forte croissance (autour de 3 % par an), après le coup d'arrêt provoqué par la crise du Covid-19.

Pas de quoi ternir l'optimisme de la filière, qui croit dans le potentiel de ses innovations technologiques. « Côté constructeurs, l’objectif est clair : développer d'ici à 2035 un avion ultra-sobre en termes de consommation de carburant et qui sera zéro émission (de carbone durant le vol, ndlr) du fait du carburant utilisé », pointe Anne Bondiou-Clergerie, directrice affaires R & D, espace et environnement au Gifas et Secrétaire exécutive du Corac.

Voler sans émettre de CO2 d'ici à 2035 ? Les défis derrière cet objectif sont nombreux, à commencer par les délais particulièrement serrés pour un secteur dont les innovations se développent habituellement sur le temps long. Notre dossier « Décarboner l'aviation, mission impossible ? » du numéro 1043 de juin d'Industrie & Technologies décortique les leviers actionnables. Nos journalistes passent au peigne fin le potentiel de décarbonation des technologies mises en avant par la filière : des court-moyen courriers à hydrogène au recours massif aux carburants durables en passant par l'hybridation des aéronefs. Un potentiel qui doit être apprécié en prenant en compte les besoins en infrastructures et les surcoûts associés à ces technos.

Une filière en mouvement

Au fil de ce travail d'évaluation, une question a émergé : et si, pour avoir une chance de limiter le réchauffement à 2°C d'ici à la fin du siècle, cibler le CO2 n'était pas suffisant ? Les oxydes d’azote et, surtout, les traînées de condensation et nuages générés par les avions pourraient être deux fois plus réchauffants que les émissions de CO2. Si c’était avéré, réduire l’impact sur le climat d’un trafic aérien toujours en croissance serait alors une mission vraiment impossible...

En attendant que les scientifiques avancent sur ce sujet, la filière, notamment en France, s'est mise en mouvement. En témoignent le lancement par Safran et GE Aviation du développement d'un moteur en rupture avec l'existant et le démarrage d'études d'ingénierie par Airbus, Air Liquide et Aéroports de Paris pour préparer l'adaptation des aéroports parisiens aux avions à hydrogène. Ce n'est que le début de la transition énergétique de l'aéro, que nous suivrons de près dans ce dossier web.

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