Kevin Speed travaille déjà sur l'aménagement intérieur de ses trains à grande vitesse

Kevin Speed, le nouvel opérateur de trains à grande vitesse qui compte concurrencer la SNCF sur trois lignes, espère boucler une levée de fonds avant la fin de l’année et passer la commande des 20 rames de TGV auprès d’Alstom. Entre temps, il a dévoilé une partie du design intérieur de ses trains au salon Innotrans.

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intérieur d'une future rame ilisto
Maquette grandeur nature d'un siège d'une future rame Ilisto, le nom commercial des TGV de Kevin Speed.

Lever plus d’1 milliard d’euros pour faire circuler des TGV et venir concurrencer la SNCF dans l’Hexagone ne semble plus être un obstacle. Après Proxima qui doit faire rouler ses trains à grande vitesse à partir de 2028 entre Paris et l’Ouest et le Sud-Ouest de la France, Kevin Speed assure être sur le même tempo, même s’il n’a pas encore bouclé le financement qu’il avait annoncé pour cet été.

Mais ce n’est plus qu’une question de mois, à écouter Claire Bonniol, directrice clientèle et associée de la start-up ferroviaire. « La levée de fonds se passe bien et nous espérons pouvoir la boucler avant la fin de l’année afin de signer le contrat avec Alstom pour 20 rames de TGV à un niveau», a-t-elle indiqué dans un entretien à L’Usine Nouvelle le 1er octobre. Cette étape essentielle pour la poursuite du projet est assurée par une banque d’affaires.

L’entreprise avait consulté quatre constructeurs pour choisir au final Alstom. La maintenance sera réalisée dans ses ateliers qui seront présents sur les lignes en dehors des grands centres urbains. Au total, le start-up compte embaucher 450 personnes et commencer à former les conducteurs d’ici deux ans.

La grande vitesse à bas prix

Kevin Speed avait déjà passé une première étape essentielle avec la validation par l’Autorité de régulation des transports (ART)  de l’accord-cadre signé fin février 2024 pour une durée de 10 ans renouvelables avec SNCF Réseau et disposer à partir de fin 2028 des sillons nécessaire pour réaliser 16 allers/retours par jour sur les trois lignes : Paris – Le Creusot- Mâcon-Lyon, Paris-Haute Picardie TGV-Lille et Paris-Champagne TGV-Meuse TGV- Lorraine TGV -Strasbourg. Le tout pour un prix défiant toute concurrence. Un exemple, 5 euros le billet en période creuse pour un Paris-Lille. «Nous pouvons faire de la grande vitesse à bas prix. Nous irons chercher les personnes qui ne prennent pas le train et plus elles le prendront, plus les tarifs des voyages suivants seront en baisse.»

Et pour atteindre la rentabilité avec des prix bas, «un des principes est d’aller vite, prévient Claire Bonniol. Nous nous inspirons du modèle Shinkansen avec deux portes par face et un sens unique entrée/sortie pour faciliter les montées et les descentes.»

Impossible de savoir à quoi elles ressembleront en dehors de ces détails, ni où elles seront produites, sachant que les usines d’Alstom qui produisent les rames de TGV en France ont déjà un carnet de commandes bien rempli.

Pas de wagon-bar et au moins 750 places

En attendant le lancement de la production, Kevin Speed a travaillé sur l’intérieur des trains car l’objectif est d'accueillir le maximum de voyageurs, alors que la demande dans le ferroviaire est en croissance (+3% par an en Europe jusqu’à la fin de la décennie). «Une rame pourra accueillir 750 à 760 places. Nous supprimons les services comme le wagon-bar, mais nous nous assurons d’un confort optimisé pour des trajets de 2h15 maximum.»

Kevin Speed a fait réaliser des maquettes de sièges grandeur nature par des designers qui ont été présentées au salon Innotrans de Berlin (24-27 septembre). Avant l’été, la jeune entreprise a testé ses aménagements auprès de futurs clients pour mesurer leur acceptabilité avec le cabinet de conseil spécialisé dans l’expérience, Aktan. Elle a bénéficié d’une prêt d’1 million d’euros de Bpifrance, utilisé en partie pour fabriquer ces maquettes, dont l’une a été dessinée par le designer Yellow Window et conçue par le fabricant de sièges ferroviaires KFS Mobility. Elle a également bénéficié du soutien du Secrétariat général à l’investissement dans le cadre du plan France 2030. Mais le plus gros chantier reste à venir avec le financement et la construction des vingt rames.

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