Pour la première fois, un autre acteur que la RATP va exploiter des lignes du métro francilien. Il s'agit de l’opérateur de transport public Keolis. Pressenti pour remporter le contrat d’exploitation des lignes automatisées 16 et 17 du métro du Grand Paris dont l’ouverture est prévue pour fin 2026, il a été sélectionné mardi 30 mai par le conseil d’administration d'Île-de-France Mobilités (IDFM). D’une durée de sept ans ou de dix ans maximum, le contrat, qui inclut également l’exploitation de la station Saint-Denis Pleyel (Seine-Saint-Denis) dont l’ouverture est prévue pour juin 2024 et qui sera desservie par la ligne 14, débutera en juillet 2023. Son montant «avoisine les 300 millions d’euros», selon IDFM.
La ligne 16 reliera Saint-Denis Pleyel (Seine-Saint-Denis) à la gare de Noisy-Champs, située à cheval entre Noisy-le-Grand et Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne). Les métros de la ligne 17 circuleront quant à eux entre Saint-Denis Pleyel et Le Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) en passant par l’Aéroport Charles-de-Gaulle. Ces lignes comporteront un tronc commun entre Saint-Denis Pleyel et Le Bourget (Seine-Saint-Denis).
Les premiers tronçons seront mis en service dès la fin de l'année 2026
La filiale de la SNCF Keolis sera responsable des premiers tronçons mis en service à la fin de l’année 2026 à savoir Saint-Denis Pleyel - Clichy-Montfermeil pour la ligne 16 et Saint-Denis Pleyel - Le Bourget Aéroport pour la 17. Le contrat compte également trois tranches conditionnelles prévues pour fin 2028. Il s’agit de Le Bourget Aéroport - Triangle de Gonesse et Triangle de Gonesse - Parc des Expositions pour la ligne 17, et Clichy-Montfermeil - Noisy-Champs pour la 16.
L’amplitude horaire de ces nouveaux axes va être élargie par rapport à celle du réseau historique. Ainsi, le premier train partira dès 5 heures du matin (contre 5h30 pour le reste du réseau), et le service s’achèvera à 1h15 en semaine et 2h15 le week-end. La fréquence de passage des rames atteindra 2 minutes 40 en heure de pointe sur le tronc commun des deux lignes au début de l’exploitation. Puis, celle-ci descendra à «un peu plus de 2 minutes» en heure de pointe après les prolongements jusqu’au Parc des Expositions et Noisy-Champs.
«Nous sommes honorés et fiers de la confiance que nous accorde Île-de-France Mobilités en nous choisissant pour l'exploitation des lignes 16 et 17 du métro francilien. Ce contrat emblématique marque une étape significative dans notre parcours en Île-de-France et témoigne de notre expertise reconnue dans l’exploitation des métros automatiques», a déclaré Marie-Ange Debon, présidente du directoire du groupe Keolis, dans un communiqué. La société exploite déjà des métros automatiques à Lyon, Rennes et Lille, mais aussi à l'étranger comme à Dubaï (Émirats arabes unis), à Londres (Royaume-Uni) ou encore à Shangai (Chine). En Île-de-France, Keolis opère «400 lignes de bus, des services de transport à la demande ou à destination des personnes à mobilité réduite» mais aussi cinq réseaux ferrés en service ou en phase de pré-exploitation. Si la candidature de la RATP n'a pas été retenue par IDFM, la régie conserve la gestion de l'infrastructure du métro de Grand Paris.



