La crise du Covid-19 profite aux hébergeurs informatiques par le développement du télétravail, du cloud et des services internet. Et cela donne une nouvelle impulsion aux ambitions d’Interxion. L’hébergeur informatique, qui fait partie depuis mars 2020 du groupe Digital Reality, numéro un mondial des services de colocation et interconnexion, lance la construction, près de Paris, d’un datacenter de 40 000 m2 et d’une puissance électrique installée de 130 MW. L’investissement total approche 1 milliard d'euros. " A son ouverture, il sera le plus grand datacenter en France ", affirme à L’Usine Nouvelle Fabrice Coquio, PDG d’Interxion France.
Temps de latence le plus faible possible
Il s’agit, non pas d’un datacenter, mais d’un campus de quatre datacenters identiques de 10 000 m2 chacun : Par8, Par9, Par10 et Par11. Il est en construction sur un ancien site industriel d’Airbus Helicopters, à la Courneuve, dans la Seine-Saint-Denis, à côté du datacenter Par7 de 10 000 m2 ouvert par Interxion en 2012.
"C’est un projet majeur par sa taille et sa finalité, souligne Fabrice Coquio. Le premier des quatre datacenters du campus, Par8, qui sera ouvert en août 2021, représente un investissement d’un peu plus de 200 millions d’euros. Le projet répond à une grande évolution liée au cloud et aux besoins des entreprises d’avoir le temps de latence la plus faible possible. Le campus offrira un temps de latence de seulement quelques millisecondes. Il sera au cœur des réseaux, avec la possibilité de s’interconnecter avec nos datacenters existants à la Courneuve, Aubervilliers et Saint-Denis. Cela donne de la visibilité à nos clients dans le cloud et internet pour leur expansion. Le fait de pouvoir réaliser leur extension dans le même endroit réduit les coûts de connexion aux réseaux et simplifie les procédures opérationnelles."
Interxion dispose aujourd’hui en France de dix datacenters : deux à Aubervilliers, un à la Courneuve, deux à Saint-Denis, un à Nanterre, un à Ivry-sur-Seine et trois à Marseille.
Electricité issue à 100 % d'énergies renouvelables
Le projet s’inscrit dans une nouvelle vague d’expansion des géants du cloud et de l’internet en France. " Dans la première vague, la France n’était pas la grande priorité en Europe, ce qui a mis Paris en retard sur Londres, Francfort et Amsterdam, rappelle Fabrice Coquio. Dans cette deuxième vague, la France gagne en priorité, ce qui devrait hisser Paris dans le trio de tête en Europe, derrière Londres et Francfort. Nous mettons les bouchées doubles pour accompagner ce développement. "
Pour favoriser son intégration dans une zone urbaine aussi dense que celle de La Courneuve, le bâtiment bénéficie d’un design architectural innovant qui ressemble à celui du Stade de France à Saint-Denis. Il sera accompagné d’un espace vert de 6 000 m2 ouvert au public. Les quatre datacenters seront alimentés en électricité issue à 100 % d’énergies renouvelables. Ils afficheront un indice d’efficacité énergétique (PUE pour Power usage effectiveness) de 1,25 à 1,30, contre 1,30 à 1,32 pour Par7, le datacenter le plus efficace d’Interxion en France. C’est-à-dire qu’ils engloutiront 25 à 30 % de l’énergie en plus de celle dédiée aux serveurs dans les installations techniques comme le refroidissement ou l’éclairage. " C’est un taux d’efficacité plutôt élevé, estime Fabrice Coquio. Selon une enquête, seulement 16 % des datacenters en France affichent un PUE inférieur à 1,67. "
1 000 emplois créés
Interxion a conclu un accord avec le SIPPEREC, Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour les Énergies et les Réseaux de Communication, pour lui offrir gracieusement 100 % de la chaleur dégagée par ses datacenters à son réseau de chauffage urbain. Le futur campus sera dédié à 70 % aux géants du cloud et de l’internet (services de vidéo à la demande, jeux vidéo...) et à 30 % aux entreprises, des PME aux grands groupes. Le projet devrait se traduire par la création de 100 emplois directs chez Interxion et 400 emplois indirects chez ses partenaires et sous-traitants. A cela s’ajouteraient 400 à 450 personnes envoyés régulièrement par les clients. " Au total, nous aurons sur le campus environ 1 000 personnes, ce qui représente presque l’effectif de l’ancien site industriel d’Airbus Helicopters sur place ", se vante Fabrice Coquio.



