À compter du 1er janvier 2022, les emballages plastique – ainsi que les emballages en carton avec un revêtement plastique, les attaches et les stickers – seront interdits pour le conditionnement des fruits et légumes frais non transformés de moins de 1,5 kg, en application de la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) et du décret 2021-1318 du 8 octobre 2021. La disposition fait réagir Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, qui, après analyse, la juge « peu réaliste et difficilement applicable pour tous les produits concernés dans les délais imposés ». L’association pointe « un risque économique majeur pour de nombreux opérateurs de la filière et un risque pour le maintien de la consommation et de la traçabilité de nombreux fruits et légumes frais ». Elle dénonce une action de pure communication politique « qui s’applique de façon arbitraire à une filière dont la grande majorité des ventes (plus de 65%) se réalise en vrac et dont la portée du texte concerne moins de 1,5% des plastiques alimentaires ». Elle s’étonne également de l’impossibilité pour cette seule filière d’utiliser des plastiques recyclables et/ou recyclés, ainsi exclue « de ces démarches de progrès ». En outre, elle soulève la question des incertitudes juridiques qui « demeurent sur le champ d’application de textes "franco-français" » et des distorsions de concurrence qu’elle entraînera. Elle demande donc une harmonisation des règles communautaires en la matière avant toute application sur le territoire national.
Position franco-française
Parallèlement à cette interpellation, Interfel indique lancer, à différents niveaux, des expertises et des actions juridiques « afin de clarifier et sécuriser les pratiques pour l’ensemble des professionnels ». Et de prévenir que l’interprofession « mettra également en œuvre différentes actions afin de s’assurer que cette interdiction n’entrave pas les démarches d’information et de traçabilité des produits de la filière auprès des consommateurs ». Pour conclure, Interfel « regrette une nouvelle fois que la décision prise de faire une loi sectorielle l’ait été sans concertation préalable avec la filière professionnelle et que le discours sur les non-transpositions françaises soit à nouveau bafoué en instituant de fait une position "franco-française" ».
Il faut noter que, interpellé par les producteurs de Légumes de France sur le manque d'alternatives aux élastiques, nécessaires pour botteler les radis et eux aussi concernés par le décret, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a annoncé que ceux-ci seraient finalement « tolérés ».



