Les plasturgistes inquiets de la recrudescence des cas de force majeure chez leurs fournisseurs

La multiplication des cas de "force majeure" déclarés par les fabricants de polymères engendre des tensions sur les approvisionnements et fait monter les prix des résines. L’organisation professionnelle Polyvia, qui représente les transformateurs de plastiques, monte au créneau.

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Granulés de plastique recyclé
Les tensions sur les approvisionnements ont engendré des hausses de prix de 5% à plus de 20% sur certains plastiques vierges.

Les transformateurs de matières plastiques commencent l’année comme ils l’ont terminée. Avec inquiétude. Depuis début décembre, les cas de "force de majeure" se multiplient chez les producteurs de polymères. 25 cas ont été recensés par Polyvia, la principale, et très récente organisation professionnelle des transformateurs de polymères.

"Une force majeure est un événement totalement imprévisible qui autorise le fournisseur à remettre en cause le contrat commercial", rappelle Jean Martin, directeur général de Polyvia, qui s'interroge: "depuis quelques semaines, on a l’impression qu’il y a phénomène d’accumulation dont on se demande s'il est justifié."

Prévenir plutôt que guérir

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Des livraisons de janvier et février reportées en mars, des prix qui grimpent de 5 % à plus de 20 % sur les résines vierges de commodité (polyéthyène, polypropylène et PVC) et certains polymères techniques, de nombreux plasturgistes tirent la sonnette d’alarme. "Cela met des entreprises en difficulté vis-à-vis de leurs clients", alerte Jean Martin. "Il y a des hausses de prix qui devront être répercutées. Sans cela, certaines entreprises courent à la catastrophe", indique le directeur général de Polyvia, qui rappelle que la filière plasturgie est composée de nombreuses TPE et PME.

"On ne peut pas laisser les choses se dégrader très progressivement comme cela", déclare encore Jean Martin, qui redoute la répétition d’un scénario de crise comme au printemps 2015. Une cinquantaine de cas force de majeure, dont certains simultanément, avait alors créé de vives tensions entre les acteurs de la filière.

Besoin de dialogue et d’explications

Côté producteurs, les raisons invoquées portent notamment sur la hausse du prix du pétrole, sur des stocks de réserve en baisse et aussi sur la reprise de la production industrielle asiatique, dont la Chine est la locomotive. "Les fabricants nous disent que cette accumulation provoque une raréfaction de la matière. Nous, on constate la multiplication des forces majeures. On a du mal à croire que tout se détériore brutalement d’un coup", commente Jean Martin.

A ce jour, Polyvia enregistre des annulations de commandes affectant une dizaine d’entreprises dans l’hexagone. La hausse de prix, elle, fait l’objet d’une remontée de la part de nombreux patrons et centrales d’achats. "Nous avons besoin de dialogue et d’explications, réclame Jean Martin. "On demande des règles du jeu qui ne soient pas brutales. Il faut que les grands pétrochimistes qui, pour la plupart, ont une vision mondiale, ne laissent pas tomber les entreprises de notre filière, particulièrement dans la période actuelle."

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