Une voiture neuve sur dix vendue en Europe roule désormais à l’électrique. Pour la troisième année consécutive, les ventes de voitures particulières neuves ont diminué en 2022 sur le Vieux Continent. Cela n’a pas arrêté l’irrésistible croissance des véhicules à batteries. Ils représentent désormais 12,1% du marché avec 1 123 778 immatriculations décomptées par l’Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA). Une croissance spectaculaire quand on se rappelle que l’électrique ne représentait que 1,9% du marché européen en 2019.
En parallèle, les ventes de véhicules hybrides ont augmenté de 8,6% à 2 089 653 unités. L’enthousiasme pour les hybrides rechargeables diminue considérablement : après avoir enregistré une croissance de 71% en 2021, les ventes de ces véhicules ont seulement progressé de 1,2% en 2022 (874 182 unités). Et, sans surprise, les ventes de véhicules thermiques déclinent, quand bien même ils représentent toujours plus de la moitié du marché. Pour les moteurs essence, les immatriculations se replient de 13% (3 371 153 unités). La dégringolade s’élève à presque 20% pour les moteurs diesel avec 1 522 686 unités.
Montée en puissance des compétiteurs étrangers
De plus en plus électrique, le marché européen semble aussi plus exposé aux compétiteurs américains et asiatiques. Cas emblématique, Tesla a vendu 231 324 voitures en Europe en 2022. Certes, cela ne fait qu’une part de marché de 2,5%, juste devant des petits acteurs comme Volvo ou Nissan. Mais avec ses berlines épurées, le constructeur américain (qui produit désormais des véhicules sur le sol européen, en Allemagne) représente à lui seul presque 15% des ventes de véhicules 100% électriques dans l’Europe élargie.
Le cabinet Inovev souligne aussi la croissance des constructeurs chinois. «L’ensemble des constructeurs chinois (Volvo non inclus) réalise un volume de 194 337 unités en 2022, contre 82 397 en 2021 [+136 %], ce qui démontre un dynamisme de ces marques, surtout dans un marché global en baisse. La pertinence de ces marques est qu’elles s’attaquent aux prix les plus bas du marché, ce qui peut intéresser une certaine partie de la clientèle européenne», analyse Inovev dans une note.

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Gazole France HTT€/litre
Le succès des compétiteurs étrangers ne repose pas que sur le dynamisme de nouveaux entrants. Quand Volkswagen et Stellantis voyaient leurs ventes diminuer en 2022, deux constructeurs asiatiques sont allés à contre-courant du marché : Toyota et Hyundai. Un succès qui s’explique en partie par une meilleure gestion des pénuries de composants électroniques chez ces deux constructeurs.
Alors que les États-Unis et la Chine se blindent contre la concurrence étrangère, l’ACEA a lancé un cri d’alarme aux décideurs européens en réclamant des mesures pour protéger le tissu industriel européen. Mais la voie du protectionnisme semble bien incertaine quand l’Asie contrôle une majeure partie des approvisionnements en matières premières pour la production des batteries.
Un espoir de rebond en 2023
Après trois ans de repli, le marché automobile européen peut-il espérer des jours meilleurs ? «Malgré les incertitudes à venir, nous pensons que le marché commencera à se redresser en 2023», a rassuré Sigrid de Vries, directrice générale de l’ACEA, le 31 janvier. L’ACEA s’attend à 9,8 millions d’immatriculations en 2023 dans l’Union européenne, soit un rebond hypothétique de 5% par rapport à 2022. Ce niveau resterait inférieur de 25% aux niveaux de 2019.
Plus prudent, le cabinet Inovev prévoit quant à lui une hausse de 1% dans l’Europe élargie. Il faut dire que l’électrification du marché automobile s’accompagne d’une autre tendance : l’augmentation du prix des véhicules. En utilisant le prétexte des pénuries de semi-conducteurs et en augmentant leurs prix, les gros constructeurs automobiles avaient enregistré de très beaux profits en 2021. «Certains constructeurs généralistes ont clairement fait le choix de privilégier des véhicules à plus fortes marges, quitte à en vendre moins. Ceci se traduit notamment par l’arrêt des ventes des voitures de segment A et par l’orientation de la clientèle vers les modèles les plus chers. Le basculement en cours vers le 100% électrique joue aussi un rôle primordial vers des voitures de plus en plus chères», développe Inovev. Une tendance qui pourrait finir par peser sur la demande.
Selon l’analyste Matthias Schmidt, la croissance de l’électrique pourrait décélérer en 2023, notamment à cause de la fin de certaines subventions en Allemagne. «Quelques jours à peine après le début de l'année, nous avons vu des constructeurs [...] réagir rapidement en baissant les prix des véhicules électriques pour combler les lacunes en matière de subventions», fait remarquer l’expert allemand dans une note. C’est peut-être le début d’une prise de conscience sur une demande en baisse dans un contexte d’inflation.



