Nouvel exemple de transition écologique des matériaux du bâtiment, chez Myral. Ce fabricant de systèmes d’isolation thermique par l’extérieur, basé à Is-sur-Tille (Côte d’Or), compte réduire l’impact carbone de ses produits de 70% entre janvier 2022 et janvier 2025. L’usine produit des panneaux de vêtage, des parements isolants qui se posent sans ossature, directement sur le mur. Ces matériaux contiennent une mousse isolante PIR, une variante du polyuréthane, qui intègre actuellement plus de 15% de bouteilles PET recyclées. Celle-ci se substitue à la mousse résolique jusqu’alors plébiscitée.
L’entreprise recensait en janvier 2022 un volume de 59 kg de CO2 émis par mètre carré de façade isolée par ses produits au terme d’une analyse du cycle de vie. L’aluminium est responsable d’environ 70% des émissions liées aux matières premières utilisées pour la fabrication. Depuis octobre dernier, de premières productions avec des déchets d’aluminium ont été réalisées, permettant une baisse de 22% des émissions. Ces nouveaux parements en aluminium sont composés à 75% de détritus en fin de vie (canettes, façades, plaques d’immatriculation...), grâce à un partenariat avec un fournisseur spécialisé. «Il s’agit de notre meilleure piste pour décarboner le produit», commente Julien Bagnard, le responsable développement de Myral.
Un gisement de matières recyclées à élargir
«Le principal challenge consiste à avoir des gisements suffisamment conséquents pour déployer les matières d’origine recyclée sur l’ensemble de notre production», poursuit le manager. Myral, qui fabrique 350 000 mètres carrés de façades par an, compte sur l’entrée en vigueur de la filière de responsabilité élargie du producteur des produits de construction pour que le gisement s’élargisse. L’entreprise noue des partenariats pour accroître ses approvisionnements en matières issues du recyclage : déchets aluminium avec les canettes, mais aussi déchets plastiques avec les bouteilles PET pour les mousses et déchets de menuiserie pour les rives d’emboîtement en PVC. A terme, Myral compte incorporer 50% de PVC recyclé dans ses produits, contre 10% aujourd’hui.
«Il aurait été plus simple de chercher des produits biosourcés que des matières issues du recyclage, mais c’est une forme de bon sens que d’aller chercher des déchets», estime Julien Bagnard. Le PVC issu du recyclage vient d'ailleurs de Bourgogne Franche-Comté. Le process de fabrication n’a pas changé, et les propriétés techniques des produits restent aussi les mêmes, assure Myral, qui précise qu'une procédure de certification a été engagée. Si les panneaux d’isolation embarquent désormais des matières issues du recyclage, ils n’échappent pas non plus à cette nouvelle fin de vie. Un partenariat a été noué avec le groupe Isosta, qui expérimente une ligne de démantèlement des panneaux sandwichs sur son site de Sens (Yonne).
L’intégration de fibre de bois encore en phase de R&D
En poursuivant sur ce type d’efforts, Myral compte faire baisser l’empreinte de ses produits de 51% en 2024. Un isolant complémentaire d’origine recyclée, de type polyuréthane réemployé, avec des déchets de production retraités, devrait être incorporé. La dernière étape devrait, pour sa part, être plus délicate à mettre en œuvre. Si le sourcing de matières biosourcées ne semble guère poser de souci, la mise en œuvre en fabrication s'avère moins évidente. Il faudra donc encore patienter avant de découvrir leur isolant à base de fibre de bois. «Avec l’isolant biosourcé à base de fibre de bois, il sera possible de stocker du carbone. Toutefois, les démarches d’avis techniques prennent du temps», anticipe Julien Bagnard. Dans l’intervalle, la rénovation du siège social de Myral s’effectuera avec des panneaux maison et leur fameux isolant en fibre de bois.



